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Khalifa Sall soutient la transparence des patrimoines au Sénégal

Publié le 15 août 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le débat autour de la déclaration de patrimoine connaît un regain d’intérêt au Sénégal, et Khalifa Sall, figure emblématique de Taxawu Sénégal, se positionne avec détermination. L’ancien maire de Dakar a publiquement exprimé son soutien à la diffusion des déclarations d’actifs des hauts dignitaires de l’État. Cette prise de position s’inscrit parfaitement dans le contexte politique actuel, où les nouvelles autorités, issues du scrutin présidentiel de mars 2024, placent la transparence au cœur de leurs engagements.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Khalifa Sall appuie la divulgation des patrimoines

L’ex-premier magistrat de la capitale sénégalaise a clairement affirmé son adhésion à l’idée de rendre publiques les déclarations de patrimoine des responsables gouvernementaux. À ses yeux, la clarté sur les biens des élus et des hauts fonctionnaires dépasse la simple obligation légale : elle représente un fondement essentiel pour bâtir la confiance entre les gouvernants et la population. Le leader de Taxawu Sénégal est convaincu que la publication de ces documents contribuerait à assainir la vie publique et à dissiper les soupçons récurrents d’enrichissement illicite qui pèsent sur la classe politique.

Cette intervention n’est pas fortuite. Khalifa Sall, longtemps opposant au régime précédent, s’aligne désormais sur une thématique chère au pouvoir en place, incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont fait de la reddition des comptes un pilier central de leur programme. En rejoignant cet appel à une plus grande transparence, l’ancien maire de Dakar démontre qu’il est en phase avec l’aspiration citoyenne à une moralisation profonde de la vie publique.

Le cadre légal existant et ses limites

La procédure de déclaration de patrimoine n’est pas une nouveauté dans le dispositif institutionnel sénégalais. La loi de 2014 relative à cette obligation stipule déjà qu’un certain nombre de responsables publics, y compris le chef de l’État, doivent déposer leur déclaration auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Le Président de la République, notamment, est tenu de le faire au début et à la fin de son mandat. Cependant, dans la pratique, ces documents demeurent confidentiels et ne sont pas accessibles au public.

C’est précisément cette confidentialité que le débat actuel cherche à remettre en question. De nombreuses voix, tant au sein de la société civile que dans l’arène politique, militent pour une transition vers un régime de publicité, à l’image de ce qui est en vigueur dans certaines démocraties européennes ou latino-américaines. La problématique ne réside donc plus tant dans le dépôt des déclarations que dans l’accès du public à ces informations, condition sine qua non d’un contrôle citoyen efficace.

Un enjeu majeur pour la politique sénégalaise

Au-delà de la position de Khalifa Sall, la prise de position de chaque acteur politique sur cette question est devenue un indicateur crucial. Le président Bassirou Diomaye Faye lui-même a rendu publique sa déclaration de patrimoine peu après son investiture en avril 2024, un geste alors perçu comme une rupture symbolique avec les pratiques antérieures. Depuis lors, la pression s’est intensifiée sur les autres responsables, qu’il s’agisse de ministres, députés, présidents d’institutions ou directeurs généraux, pour qu’ils adoptent la même démarche.

Le ralliement de figures d’opposition ou d’anciens cadres à cette exigence de publicité pourrait transformer le paysage politique. En affichant son soutien au principe, Khalifa Sall adopte une posture de responsabilité, tout en conservant sa capacité à critiquer la manière dont le pouvoir met en œuvre son propre programme de transparence. Cette double approche est caractéristique d’un opposant expérimenté qui cherche à éviter d’être cantonné à un rôle purement contestataire.

Il reste que la concrétisation de ces aspirations dépendra du calendrier législatif. Une révision de la loi de 2014, ou l’adoption d’un nouveau texte imposant la publicité des déclarations, nécessitera un consensus parlementaire que la majorité pastefienne, renforcée par les législatives anticipées de novembre 2024, est en mesure de porter. La question demeure de savoir jusqu’où le pouvoir exécutif souhaitera pousser cette logique, et dans quelles conditions les autres formations politiques accepteront de s’engager pleinement dans une transparence intégrale.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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