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Kandadji : États généraux pour relancer le chantier du barrage

Publié le 8 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Trois jours pour lever les verrous d’un chantier vieux de plusieurs décennies. Sous l’impulsion du président de la République Abdourahamane Tiani, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a ouvert ce mercredi 8 juillet 2026 les États généraux de Kandadji. Un sommet politique et technique crucial où le mot d’ordre est clair : rompre avec l’enlisement.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Niamey, le 8 juillet 2026 — La grande salle de conférence, sous son dôme, vibre d’une effervescence particulière ce mercredi matin. Autour de la table, membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), responsables institutionnels, représentants du corps diplomatique et ingénieurs et financiers du développement marquent la solennité de l’ouverture des États généraux du Programme du barrage de Kandadji.

En lançant ces assises, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a voulu donner un nouveau souffle à un projet longtemps embourbé. Sur instruction du président de la transition, le général d’armée Abdourahamane Tiani, ces trois jours visent, selon le gouvernement, à faire le point et à débloquer les verrous qui freinent l’avancement du chantier. « Ces assises doivent être un moment de vérité, de responsabilité et d’engagement collectif », a déclaré le chef du gouvernement lors de son discours d’ouverture.

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Un projet ancien, des retards récurrents

Le programme de Kandadji traîne depuis plusieurs décennies. Entre crises politiques, suspensions de financements extérieurs et difficultés logistiques, les travaux ont connu de nombreuses interruptions. Les autorités ont insisté sur la nécessité d’un audit précis de l’état des infrastructures et d’un calendrier applicatif permettant de transformer les engagements en réalisations tangibles.

« Il ne s’agit plus de lister des promesses », a martelé le Premier ministre, appelant à lever « les obstacles qui freinent la réalisation de cet ouvrage ». Pour l’exécutif, la relance du chantier est aussi une question de souveraineté nationale — sur les plans énergétique, alimentaire et économique.

Kandadji, priorité stratégique — mais quelles garanties ?

Le gouvernement présente Kandadji comme un pilier de la « doctrine de résilience » nigérienne. Selon Niamey, le barrage doit réduire la dépendance électrique vis‑à‑vis des voisins, permettre le développement d’une agriculture irriguée à grande échelle face au dérèglement climatique, et assurer une gestion durable des ressources du fleuve Niger afin d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

Ces objectifs sont formulés comme des priorités politiques. Mais plusieurs acteurs extérieurs — experts en ressources hydrauliques, ONG environnementales et analystes économiques — appellent à la prudence. Ils pointent également des risques non négligeables : coûts budgétaires élevés, impacts environnementaux et sociaux liés aux zones inondées, et dépendance possible aux partenaires techniques et financiers. Sans calendrier chiffré ni plan de financement ferme, ces ambitions restent pour l’heure des promesses.

Les quatre dossiers chauds sur la table

Les travaux des trois jours se concentrent sur quatre axes opérationnels. D’abord l’état des infrastructures : il faudra établir un diagnostic précis de ce qui a été réalisé et des chantiers prioritaires à relancer. Ensuite, la question financière : la sécurisation des fonds et la restructuration éventuelle des budgets sont présentées comme indispensables pour accélérer les travaux.

Troisièmement, la question sociale : la réinstallation des populations affectées par la montée des eaux exige des mécanismes de compensation et des garanties de relogement digne. Enfin, le mode de pilotage : plusieurs intervenants ont mis en avant la nécessité de repenser le cadre institutionnel chargé du projet pour lui donner davantage d’agilité et de responsabilités claires.

DR

Transparence technique et défi politique

En promouvant la « transparence technique », le pouvoir espère montrer que Kandadji est une affaire d’État et non seulement un dossier ministériel. Par ailleurs, la réussite du chantier revêt une importance capitale, faisant de ce projet un enjeu politique majeur pour la transition.

Reste que la détermination affichée ne suffit pas : la véritable mesure du succès des États généraux sera concrète. Les indicateurs à suivre sont clairs : adoption d’un calendrier précis, engagement de financements confirmés, formulation d’un plan de réinstallation pour les populations concernées, et mise en place d’un pilotage opérationnel doté de responsabilités et de moyens. Sans ces jalons, la reprise des travaux sur le terrain risque de rester lente.

Le peuple attend l’eau et la lumière

Au terme des débats, les dirigeants nigériens devront transformer les paroles en actes. Pour les populations qui espèrent une amélioration rapide des conditions de vie, l’enjeu est immédiat : Kandadji n’est pas seulement un chantier d’ingénierie, c’est une promesse tangible d’accès à l’eau et à l’électricité. Mais, pour respecter cette promesse, les responsables politiques doivent assortir leurs engagements de garanties financières, environnementales et sociales, et les soumettre au suivi d’observateurs indépendants.

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Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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