Grève au port de Lomé : les agents réclament justice sociale pour éviter une crise durable

Une grève de 72 heures paralyse le Port autonome de Lomé

Dès mardi 5 heures du matin, les activités du Port autonome de Lomé ont commencé à s’étioler. Les agents, réunis sous la bannière du Syndicat des agents du Port autonome de Lomé (SYAPAL), ont enclenché un mouvement de grève de trois jours, prévu pour s’achever jeudi à minuit. Cette action, d’une ampleur inédite, révèle des tensions sociales profondes au sein du principal levier économique du Togo.

Des revendications accumulées et un dialogue social en échec

Les motifs de mécontentement des travailleurs sont multiples : rémunérations insuffisantes, statuts précaires et application défaillante des textes encadrant leur métier. Pour le SYAPAL, l’accumulation de ces frustrations a atteint un seuil critique, notamment après des mois de discussions infructueuses avec la direction du port.

Le syndicat dénonce un « dialogue social de façade » et pointe du doigt la gestion de la direction générale. Malgré la prise de fonction de Kokou Edem Tengue en juillet, les tentatives de médiation n’ont pas permis d’apaiser les tensions. Deux préavis de grève avaient déjà été déposés, en juin puis le 27 juillet, sans résultat tangible.

Quels dangers guettent le port et la sous-région ?

Si cette première grève de 72 heures vise à faire plier les dirigeants, les conséquences pourraient s’aggraver. Plusieurs scénarios, tous préoccupants, se dessinent :

  • Une escalade du mouvement : Le SYAPAL ne cache pas son intention de durcir la mobilisation, voire de basculer vers une grève illimitée, bloquant ainsi les opérations de manutention, d’acconage et d’enlèvement des marchandises.
  • Un engorgement logistique régional : En tant que plaque tournante du transbordement en Afrique de l’Ouest, une paralysie prolongée du port entraînerait une saturation des terminaux, un détournement des navires vers des ports concurrents et des coûts supplémentaires pour les compagnies maritimes.
  • Un impact sur les pays enclavés : Le port de Lomé est vital pour l’approvisionnement du Burkina Faso, du Niger et du Mali. Une interruption durable des activités pourrait provoquer des retards dans la livraison des denrées essentielles et une hausse des prix dans toute la sous-région.

Face à ces risques, les autorités togolaises et la direction du port sont sous haute pression pour engager des négociations constructives avec les représentants des travailleurs avant la fin du préavis actuel.