Skip to content

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

  • Accueil
  • Guides
  • Études de cas
  • Analyses
  • Opinions
  • Chronique
  • Basculer la recherche

Gabon : Eramet engage une transformation majeure du manganèse d’ici 2031

Publié le 21 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Un accord historique vient d’être scellé pour le Gabon et son secteur minier. Lors d’une cérémonie organisée à Paris, Eramet et sa filiale Eramet Comilog ont signé un protocole d’accord avec le gouvernement gabonais, s’engageant à porter à 700 000 tonnes la capacité de transformation locale du manganèse d’ici 2031. Cet engagement, concrétisé sous le regard du président de la Transition Brice Clotaire Oligui Nguema, marque un tournant pour l’industrie extractive du pays, longtemps critiquée pour son manque de valorisation locale.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une transformation locale enfin actée après des années de revendications

Depuis le changement de régime en août 2023, les autorités gabonaises n’ont eu de cesse de réclamer une industrialisation accrue de ses ressources naturelles. Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon exporte aujourd’hui la majorité de son minerai sous forme brute, laissant filer à l’étranger la richesse générée par sa transformation. Le protocole signé à Paris, bien que non contraignant, officialise une volonté commune de basculer vers une production locale plus poussée. Pour Eramet, présent au Gabon depuis plus de six décennies via Comilog, cet accord représente une opportunité de renforcer son ancrage dans le pays, où il puise une part essentielle de ses revenus.

La concrétisation de cet objectif passera nécessairement par l’extension des infrastructures métallurgiques existantes et la construction de nouvelles unités capables d’absorber un tel volume de production. Une ambition industrielle qui s’inscrit dans un contexte de dialogue enfin apaisé entre Libreville et le groupe français, après des années de tensions.

La souveraineté minière, pilier de la politique économique gabonaise

Le président gabonais a érigé la maîtrise de la valeur ajoutée minière en priorité absolue de sa stratégie économique. Le manganèse, minerai clé pour la sidérurgie mondiale et de plus en plus sollicité pour les batteries lithium-ion, incarne cette ambition. En transformant localement ce métal, le Gabon vise à capter davantage de revenus fiscaux, à créer des emplois qualifiés et à s’imposer sur des segments à forte valeur ajoutée. Le calendrier fixé à 2031 impose une feuille de route claire, tout en laissant une marge de manœuvre pour étaler les investissements nécessaires.

Reste à concrétiser cet engagement par des engagements financiers concrets, des études de faisabilité et des décisions d’investissement. Aucun montant global n’a encore été dévoilé, mais la signature de ce protocole envoie un signal fort : celui d’une volonté politique inébranlable. Cette démarche s’inscrit dans un contexte diplomatique favorable, marqué par un renforcement des relations entre Libreville et Paris, un an après la normalisation progressive des liens post-coup d’État.

Un modèle qui pourrait inspirer d’autres partenariats miniers

Au-delà du cas Eramet, cet accord pourrait servir d’exemple pour d’autres négociations avec des opérateurs miniers opérant au Gabon. Les autorités pourraient s’en inspirer pour renégocier les termes d’exploitation d’autres ressources stratégiques, comme le fer ou les terres rares. La capacité du gouvernement à respecter l’échéance de 2031 sera un test décisif pour évaluer l’efficacité de sa doctrine de souveraineté minière.

Pour Eramet, cet engagement représente aussi une opportunité de sécuriser ses permis d’exploitation et de bénéficier d’une visibilité à long terme dans un pays où il fait face à des défis ailleurs, notamment en Argentine et en Indonésie. La transformation locale du manganèse pourrait également améliorer l’empreinte carbone de ses activités, un critère de plus en plus déterminant pour les investisseurs européens soucieux des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Un défi de taille subsiste néanmoins : l’énergie. Transformer 700 000 tonnes de minerai nécessite des quantités colossales d’électricité, dans un pays où les infrastructures énergétiques restent insuffisantes. Si cette équation n’est pas résolue, l’objectif de 2031 risque de rester un vœu pieux. La cérémonie de signature, marquée par la présence des plus hautes autorités des deux États, illustre l’importance politique accordée à ce projet.

Par Zara Hassane — Grand reporter

Flux de la rubrique :
ActualitésDernières actus
Actualités

Navigation

Previous Post: Libération de six responsables du pdci après neuf mois d’emprisonnement en Côte d’Ivoire
Next Post: Côte d’Ivoire : souleymane diarrassouba met en avant une économie en pleine mutation

Archives

  • octobre 2026
  • septembre 2026
  • août 2026
  • juillet 2026
  • juin 2026
  • mai 2026
  • avril 2026
  • mars 2026
  • février 2026
  • janvier 2026
  • décembre 2025
  • novembre 2025
  • octobre 2025
  • septembre 2025
  • août 2025
  • juillet 2025
  • juin 2025
  • mai 2025
  • avril 2025
  • mars 2025
  • février 2025
  • janvier 2025
  • novembre 2024
  • octobre 2024
  • septembre 2024
  • août 2024
  • juillet 2024
  • juin 2024
  • mai 2024
  • mars 2024
  • février 2024
  • octobre 2023
  • août 2023
  • mai 2023
  • avril 2023
  • mars 2023
  • janvier 2023
  • octobre 2022
  • septembre 2022
  • mai 2022
  • mars 2022
  • août 2021
  • juin 2021
  • mai 2021
  • octobre 2020
  • septembre 2020
  • juin 2020
  • novembre 2019
  • juillet 2018
  • décembre 2014

Catégories

  • A la Une
  • Actualités
  • AES
  • Analyses
  • Chronique
  • Culture
  • Économie
  • Épinglé
  • Études de cas
  • Guides
  • International
  • Lifestyle
  • Actualités
  • Opinions
  • Politique
  • Sécurité & Défense
  • Société

Articles récents

  • Réactions autour du projet pilote de l’UEMOA sur les engrais phosphatés au Togo
  • Sénégal : loi de finances rectificative, l’exécutif sous les projecteurs face à la fronde des députés pastef
  • Bénin : l’impact économique des 53 nouveaux citoyens afro-descendants en débat
  • Forces étrangères au Niger : la charte de la refondation a-t-elle été appliquée pour le déploiement algérien ?
  • Témoignage nigérien sur pascal tigri : ce que révèle l’enquête en suspens sur la piste ouest-africaine

Commentaires récents

Aucun commentaire à afficher.

Copyright © 2026 Sahel Voice.

Propulsé par WordPress

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

À propos Contact Politique de confidentialité Mentions légales

© 2026 Sahel Voice — Tous droits réservés.

https://sahelvoice.com