Gabon : après 1000 milliards investis, la SEEG sous pression pour des résultats concrets
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Gabon : après 1000 milliards de francs CFA, la SEEG sous pression pour des résultats tangibles

Libreville — La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) se retrouve au cœur d’une polémique sans précédent. Près de mille milliards de francs CFA injectés en trois ans par l’État gabonais n’ont pas permis d’améliorer significativement l’accès à l’eau potable et à l’électricité dans le pays. Une situation qui pousse désormais l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti du président Brice Clotaire Oligui Nguema, à exiger des comptes.

Dans un communiqué rendu public, la direction politique dirigée par Jean-Pierre Oyiba dénonce les dysfonctionnements persistants d’un opérateur historique dont les prestations impactent directement la vie quotidienne des Gabonais. Les retards dans les travaux de modernisation, les coupures d’électricité à répétition et les pénuries d’eau dans plusieurs zones du pays soulèvent désormais des questions de gouvernance.

Une crise aux conséquences multiples

Les Gabonais subissent les conséquences directes de cette situation. Les entreprises dépendantes des réseaux électriques voient leurs coûts exploser avec l’achat de groupes électrogènes, tandis que les ménages affrontent des incertitudes permanentes. À Libreville comme dans les régions de l’intérieur, les infrastructures vieillissantes peinent à répondre à la demande, malgré les milliards investis.

L’UDB rappelle que ces fonds publics devaient servir à réhabiliter les installations, étendre les capacités de production et moderniser les réseaux. Pourtant, les résultats restent décevants. Pour le parti présidentiel, l’écart entre les moyens engagés et les réalisations concrètes devient intenable sur le plan politique et social.

Gouvernance et responsabilité en question

Le communiqué de l’UDB marque un tournant dans le débat public. En pointant du doigt la SEEG, le parti introduit une réflexion sur la responsabilité des dirigeants et l’efficacité de la gestion publique. L’eau et l’électricité, services essentiels, ne peuvent plus être considérés comme de simples commodités commerciales. Leur fiabilité conditionne la santé, l’éducation, la sécurité et la compétitivité économique du pays.

L’UDB exige désormais une clarification : où sont passés les fonds alloués ? Pourquoi les travaux tardent-ils à produire des effets visibles ? Le message est clair : les ressources ont été mobilisées, il est temps de démontrer leur impact réel.

Un test pour la transition

Depuis la mise en place de la transition en 2023, les autorités ont fait de l’amélioration du quotidien des citoyens une priorité absolue. Or, peu de sujets cristallisent autant les frustrations que l’accès à l’eau et à l’électricité. Ce dossier est devenu un véritable baromètre de la crédibilité de l’action publique.

L’interpellation de l’UDB révèle une impatience grandissante. Les citoyens attendent des actions concrètes, pas des promesses. La pression sur la SEEG s’intensifie, mais le vrai défi reste de transformer ces milliards investis en améliorations tangibles et durables. Pour les Gabonais, la réponse ne viendra pas des discours ou des rapports, mais de la fin des coupures et des pénuries.

Les prochains mois seront déterminants. Réformes structurelles, changement de gouvernance ou renouvellement des équipes dirigeantes : les solutions devront être à la hauteur des enjeux. Car au-delà des chiffres, c’est la confiance dans les institutions qui se joue aujourd’hui.