Fête nationale française : la France réaffirme son appui aux efforts de paix en RDC
Lors des festivités marquant la fête nationale française, l’ambassadeur de la République française en République démocratique du Congo, Rémi Maréchaux, a prononcé un discours solennel le 14 juillet 2026. L’occasion était idéale pour souligner l’engagement de Paris en faveur d’une résolution durable des tensions qui ébranlent l’Est de la RDC.
Dans son allocution, tenue en présence de hautes autorités congolaises et d’invités de marque, le diplomate a rappelé que l’héritage du 14 juillet dépasse la simple commémoration historique. Il s’agit avant tout d’une célébration des valeurs de liberté, égalité, fraternité, qui guident l’action de la France sur la scène internationale.
Un plaidoyer ferme en faveur de la paix dans l’Est de la RDC
Rémi Maréchaux a insisté sur l’urgence de mettre fin aux hostilités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les combats persistent malgré les multiples initiatives diplomatiques. Il a rappelé le rôle central joué par la France au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, où elle a œuvré à l’adoption de résolutions clés pour stabiliser la région.
Parmi les textes adoptés, il a cité la résolution 2773, qui exige le retrait immédiat du M23 et la démantèlement de ses structures administratives illégitimes. Il a également évoqué la résolution 2808, prolongeant le mandat de la MONUSCO d’un an, et la résolution 2825, qui reconduit jusqu’en juillet 2027 le régime de sanctions contre les groupes armés opérant en RDC. Ces mesures visent à documenter les violations et à renforcer la pression sur les acteurs déstabilisateurs.
« La France appuie sans réserve les efforts de médiation conduits par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine. Comme l’a rappelé le président Tshisekedi, le choix de la diplomatie n’est en rien un signe de faiblesse. Il incarne au contraire une volonté indéfectible de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. »
Renforcement de la coopération franco-congolaise
Au-delà des engagements multilatéraux, Rémi Maréchaux a mis en lumière les actions bilatérales menées par la France pour renforcer les capacités de l’État congolais. Il a évoqué sa visite à Kisangani en mars 2026, où des instructeurs français ont œuvré à la régénération d’un bataillon de la Brigade Jungle. Un second projet, prévu pour octobre prochain, vise à moderniser un autre contingent militaire.
Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large de soutien à l’autorité de l’État et à la restauration de la sécurité dans les zones troublées. La France, a-t-il précisé, agit en coordination avec les autorités congolaises pour adapter ses actions aux besoins locaux.
La RDC, une voix de plus en plus influente sur la scène internationale
Le diplomate a salué le retour en force de la RDC sur la scène mondiale, notamment à travers sa présence au Conseil de sécurité de l’ONU, dont elle assure actuellement la présidence. Ce rôle lui permet de jouer un rôle actif dans la résolution des crises africaines et de défendre les intérêts du continent.
Il a également souligné l’engagement du pays au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et sa présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Ces responsabilités, a-t-il noté, reflètent la confiance accordée à la RDC et son potentiel stratégique, notamment dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique.
« Face à une mondialisation marquée par des rapports de force déséquilibrés, la France défend un multilatéralisme inclusif, qui intègre davantage l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Le retour de la RDC sur la scène internationale est une excellente nouvelle, non seulement pour le pays, mais pour toute l’Afrique. »
Un contexte diplomatique en pleine évolution
Cette déclaration intervient alors que la RDC et le Rwanda ont signé sous médiation américaine un accord de paix à Washington. Ce texte prévoit des mesures de désescalade, le retrait progressif des troupes rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés, dont les FDLR. Pourtant, malgré ces avancées, la situation sur le terrain reste tendue, avec des combats persistants et des groupes rebelles contrôlant des zones stratégiques.
Parallèlement, le processus de Doha, visant à instaurer un dialogue entre Kinshasa et l’AFC/M23, peine à aboutir. Les rebelles, soutenus selon plusieurs rapports par Kigali, conservent le contrôle de villes clés comme Goma et Bukavu, tandis que les initiatives diplomatiques peinent à se concrétiser.
Cette dissonance entre les engagements pris et la réalité sur le terrain rappelle l’ampleur des défis qui subsistent pour rétablir une paix durable dans l’Est de la RDC.