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Femmes réfugiées au Tchad : entre violences et manque criant de soins

Publié le 12 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

femmes réfugiées au Tchad : entre violences et manque criant de soins

Le Tchad, déjà éprouvé par une pauvreté endémique et un système de santé sous-financé, subit une pression humanitaire sans précédent. Plus de 1,3 million de réfugiés et rapatriés, majoritairement des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans ce pays d’Afrique centrale. Une situation alarmante qui met en lumière les défis majeurs en matière de santé reproductive et de protection des populations vulnérables.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

un exode forcé lié au conflit au Soudan

La crise au Soudan voisine a entraîné un afflux massif de réfugiés vers l’est du Tchad. Des villes comme Abéché et Adré, ainsi que le camp d’Iridimi dans la province d’Ouaddaï, accueillent désormais des milliers de personnes en quête de sécurité. Lors d’une mission récente, le directeur exécutif adjoint de l’UNFPA chargé de la santé sexuelle et reproductive, Andrew Saberton, a dressé un constat à la fois préoccupant et révélateur de la situation.

Dans les camps frontaliers, les femmes réfugiées subissent des violences quotidiennes lors de leurs déplacements hors des zones sécurisées. La collecte de bois, nécessaire pour cuisiner, devient un calvaire : harcèlements, agressions et violences sexuelles rythment ces sorties, au point que beaucoup préfèrent s’en abstenir au risque de manquer de nourriture.

la résilience malgré l’adversité

Malgré ces épreuves, Andrew Saberton a souligné la force et la détermination des femmes réfugiées. Grâce à des programmes de soutien psychosocial, des formations professionnelles et des initiatives génératrices de revenus, certaines parviennent à reconstruire leur vie. Ces dispositifs, bien que limités, offrent un espoir tangible dans un contexte autrement désespéré.

des soins de santé maternelle en péril

Les structures médicales du Tchad sont submergées. Dans la province du Wadi Fira, le camp d’Iridimi abrite plus de 333 000 réfugiés. Les centres de santé y réalisent jusqu’à 300 accouchements par mois, mais les ressources font cruellement défaut. Les pénuries d’anesthésiants empêchent parfois la réalisation de césariennes en urgence, mettant en danger la vie des mères et de leurs nouveau-nés.

Un exemple frappant illustre l’ampleur de la crise : une jeune femme, mariée à seulement 15 ans, a subi une fistule obstétricale après un accouchement sans assistance médicale. Son bébé est décédé, et son mari l’a abandonnée. Elle a vécu avec cette complication pendant près de dix ans avant de recevoir enfin des soins. Aujourd’hui, elle fait face à des pressions pour se remarier, signe des normes sociales persistantes dans la région.

Andrew Saberton, directeur exécutif adjoint de l'UNFPA, examine un incubateur dans une maternité tchadienne

un appel urgent à la solidarité internationale

Les réductions budgétaires aggravent encore la situation. Le bureau de l’UNFPA au Tchad a vu ses ressources chuter de 44 % par rapport à 2025. Sur les 18,7 millions de dollars nécessaires pour 2026 afin de maintenir les services de santé maternelle et de protection, seulement 2,5 % ont été collectés à ce jour. Pourtant, le Tchad affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde, avec environ 860 décès pour 100 000 naissances vivantes.

« Aucune femme ne devrait subir une césarienne sans anesthésie », a déclaré Andrew Saberton. « Pour les femmes et les filles rencontrées dans l’est du Tchad, l’aide signifie un accouchement sans danger, des soins après des violences et une chance de survivre. »

Face à l’urgence humanitaire, la communauté internationale est appelée à renforcer son soutien sans délai. Chaque effort compte pour sauver des vies et offrir un avenir plus sûr aux populations réfugiées au Tchad.

points clés à retenir

  • Plus de 1,3 million de réfugiés et rapatriés, dont une majorité de femmes et d’enfants, ont fui vers le Tchad.
  • Les femmes réfugiées subissent des violences accrues lors de leurs déplacements hors des camps.
  • Les centres de santé sont sous-équipés, avec des pénuries critiques d’anesthésiants et de personnel.
  • Le Tchad enregistre l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde.
  • Les financements humanitaires ont chuté de 44 %, mettant en péril les services essentiels.
  • L’UNFPA lance un appel urgent à la solidarité internationale pour sauver des vies.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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