Crise au Mali : populations affamées par le blocus, gouvernement intraitable face aux groupes armés

crise au Mali : populations affamées par le blocus, gouvernement intraitable face aux groupes armés

Paysage désertique du Mali illustrant la crise humanitaire

Au Mali, la situation humanitaire se dégrade dramatiquement sous l’effet d’un blocus imposé par des groupes armés. Malgré les appels à la négociation lancés par une partie de la classe politique, le gouvernement malien maintient une ligne dure : aucun dialogue avec les « terroristes » ne sera engagé. Cette position, réaffirmée par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop devant le corps diplomatique, s’accompagne d’une intensification des opérations militaires sur le terrain.

Le refus de négocier s’inscrit dans une stratégie globale visant à reconquérir les zones occupées, notamment la région de Kidal, passée sous contrôle des groupes armés. Les autorités maliennes, soutenues par des mercenaires russes, ont renforcé leur présence dans des localités stratégiques comme Aguelok, après avoir abandonné temporairement deux autres villes de la région.

une crise humanitaire sans précédent

Les conséquences du blocus au Mali sont dévastatrices. Au Nord comme au Sud, les axes routiers restent obstrués, paralysant les échanges commerciaux et l’acheminement des denrées essentielles. Des centaines de véhicules et de passagers sont bloqués depuis des semaines, aggravant une situation déjà critique.

Dans le centre du pays, à Diafarabé (région de Mopti), la population subit un blocus jihadiste depuis le 12 mai 2025. Les habitants, coupés du monde extérieur, font face à une famine généralisée. Les vivres et les médicaments viennent à manquer, tandis que les soins médicaux deviennent inaccessibles. Les appels à l’aide lancés lors d’une manifestation pacifique des femmes et des jeunes n’ont, pour l’instant, reçu aucune réponse concrète des autorités.

Un habitant témoigne sous le couvert de l’anonymat :

« Personne ne peut entrer, personne ne peut sortir. Le blocus est total. Tout ce que nous avions comme vivres est épuisé. La famine s’installe. Nous avons contacté les responsables militaires pour leur demander de l’aide. Ils nous ont promis un convoi, mais nous attendons toujours. Après une manifestation des jeunes et des femmes, ils ont enfin réagi. C’est désespérant ! Il ne reste plus rien. Avant, pendant la saison des crues, nous parvenions à faire entrer des vivres par bateau, malgré les risques. J’ai moi-même été blessé par balle lors d’une tentative. Aujourd’hui, c’est la survie absolue. Notre seul espoir ? Avoir de quoi manger. C’est tout ce que nous demandons. »

Les témoignages recueillis par nos confrères confirment l’ampleur de la crise : pénuries alimentaires, absence de médicaments, soins médicaux insuffisants, et une population épuisée, plongée dans un isolement total. La peur et le désespoir dominent, tandis que les autorités de transition restent silencieuses face à l’urgence.

le gouvernement malien maintient sa position

Face à la pression internationale et aux appels au dialogue, le gouvernement du Mali campe sur ses positions. Abdoulaye Diop a réitéré l’impossibilité d’engager des négociations avec les groupes armés, qu’il qualifie de « sans foi ni loi » et responsables de « tragédies » pour les populations. Selon lui, la seule issue passe par une victoire militaire sur le terrain.

Cette stratégie s’accompagne de l’arrivée de nouveaux équipements militaires russes, renforçant la capacité opérationnelle de l’armée malienne. Cependant, cette approche suscite des interrogations quant à son efficacité à long terme, alors que la population civile paie le prix fort de ce conflit.

La reprise de Kidal et la levée du blocus au Mali restent les priorités affichées par les autorités. Pourtant, sur le terrain, les civils continuent de subir les conséquences d’un conflit qui s’éternise, sans issue visible à court terme.