Côte d’Ivoire : les syndicats de journalistes dénoncent une ingérence politique contre l’UNJCI

Côte d’Ivoire : les syndicats de journalistes dénoncent une ingérence politique contre l’UNJCI

Le 20 février, une décision de justice a suspendu le Congrès ordinaire de l’UNJCI, qui devait renouveler ses instances. Ce blocage a poussé l’organisation à convoquer un Congrès extraordinaire le 25 février, alors que le mandat des dirigeants arrivait à échéance le lendemain à minuit. Pour éviter un vide institutionnel, les congressistes ont voté, à la majorité requise, la prorogation des mandats jusqu’à la tenue effective du Congrès ordinaire.

Cette mesure a cependant été suivie d’incidents violents, reflétant un climat de tension extrême au sein de l’organisation.

Réactions des dirigeants syndicaux : une atteinte à la liberté syndicale

Jean Claude Coulibaly, président de l’UNJCI, a réagi avec fermeté :

« Nous avons pris acte de la suspension de notre 12ᵉ Congrès ordinaire par la justice, tout en engageant un appel. Cependant, il était impensable de laisser s’installer un vide statutaire mettant en péril notre organisation. La prorogation adoptée lors du Congrès extraordinaire relève d’une mesure responsable et nécessaire pour assurer la continuité institutionnelle. L’UNJCI, en tant que maison commune des journalistes ivoiriens, ne peut être affaiblie ni placée sous tutelle. »

Omar Faruk Osman, président de la FAJ, a dénoncé une manœuvre politique :

« Empêcher un syndicat de tenir son Congrès pour renouveler ses instances, puis exploiter cette situation pour créer un vide institutionnel, constitue une violation grave de la liberté syndicale. Cela contrevient aux engagements africains et internationaux de la Côte d’Ivoire. Aucune autorité politique ne peut dicter ou influencer la direction d’une organisation de journalistes. »

Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a qualifié la situation d’ingérence inacceptable :

« Cette affaire représente une violation flagrante de la liberté d’association et une ingérence directe dans les affaires internes d’un syndicat. Avec la FAJ, nous engagerons des démarches auprès des instances internationales, notamment l’Organisation internationale du travail, pour déposer une plainte officielle contre le gouvernement ivoirien. L’autonomie syndicale, garantie par le droit international, doit être respectée sans compromis. »

Appel à la transparence et à la liberté syndicale

Les syndicats FIJ et FAJ exhortent les autorités ivoiriennes à respecter l’indépendance de l’UNJCI, à assurer la sécurité de ses membres et à organiser le Congrès ordinaire dans des conditions équitables, transparentes et apaisées.