Conflit Faye Sonko : pourquoi la rupture politique ne doit pas masquer les engagements non tenus

L’alliance entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avait un objectif clair : protéger le Président de toute réforme controversée au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Pourtant, cette promesse initiale n’a pas résisté à l’épreuve du temps.

Des promesses électorales rapidement oubliées

Dès les premières semaines de leur mandat, les deux dirigeants s’étaient engagés à supprimer la loi d’amnistie, un engagement aussi fort que nécessaire pour restaurer la confiance dans les institutions. Pourtant, cette réforme est restée lettre morte, comme si l’urgence s’était évanouie avec le temps.

De même, leur programme commun prévoyait l’ouverture des postes de direction à des candidats extérieurs, une mesure censée dynamiser l’administration. Pourtant, les appels à candidature sont restés lettre morte, et les nominations ont suivi une logique d’affinité politique plutôt que de méritocratie.

Un partage des fonds politiques sous le radar

Les financements des partis politiques ont été alloués sans transparence, malgré l’adoption d’une réforme qui aurait pu encadrer ces pratiques. Une majorité à l’Assemblée nationale, acquise quelques mois plus tard, aurait pu permettre de légiférer sur ce sujet. Pourtant, aucune initiative concrète n’a été prise pour clarifier l’utilisation de ces fonds.

Ce manque de rigueur dans la gestion des ressources publiques contraste avec les discours sur la moralisation de la vie politique. Comment justifier une telle inertie alors que les attentes des citoyens sont si fortes ?

Une rupture politique instrumentalisée

La séparation récente entre Faye et Sonko donne lieu à des critiques acerbes, mais celles-ci ne devraient pas servir de diversion pour masquer les manquements passés. L’Assemblée nationale, pilier de la démocratie, mérite mieux que des querelles stériles et des calculs politiques.

Les responsabilités sont partagées, et les citoyens sénégalais attendent des actions concrètes, pas des mises en scène. La transparence, l’intégrité et le respect des engagements doivent primer sur les calculs partisans.

Thierno Bocoum
Président de l’Association pour la Gouvernance et l’Innovation Responsable (AGIR-LES LEADERS)