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Ce que le coût de la nouvelle carte de l’Afrique change pour le quotidien des Togolais

Publié le 8 septembre 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

L’investissement colossal du Togo à l’échelle internationale suscite de vives interrogations au sein de la population. Alors que les ménages togolais subissent de plein fouet une inflation galopante et une crise économique persistante, les choix budgétaires de l’État font polémique. La promotion et l’adoption de la « nouvelle carte de l’Afrique » auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) auraient coûté environ 2 millions de dollars, soit plus d’un milliard de francs CFA, mobilisés à partir des fonds publics.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Cette offensive diplomatique de grande envergure, présentée comme un triomphe pour l’influence du pays, cache une réalité financière lourde. Les fonds publics ont été massivement sollicités pour financer cette opération d’image.

Les coulisses financières d’un lobbying international coûteux

Le déploiement de cette stratégie de communication et d’influence à l’étranger explique l’importance des sommes engagées. L’analyse des dépenses montre plusieurs postes de coûts majeurs :

  • Les prestataires en communication et cabinets de lobbying : Pour inscrire le projet à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU et convaincre les partenaires occidentaux et asiatiques, Lomé a recruté des agences spécialisées. Des cabinets de conseil en relations publiques basés à Paris et des agences de lobbying américaines à Washington D.C., enregistrées sous le Foreign Agents Registration Act (FARA), ont été missionnés pour d’importants honoraires en devises étrangères.
  • Les déplacements officiels de Robert Dussey : Le ministre des Affaires étrangères a mené des campagnes directes à travers le monde. Les vols, séjours dans des palaces à New York, Paris, Genève ou dans plusieurs capitales du continent, ainsi que les indemnités de mission des délégations ont lourdement pesé sur le budget.
  • La diplomatie d’apparat : L’organisation de banquets officiels, la remise de présents et la prise en charge complète d’experts et de délégués étrangers lors des sessions préparatoires ont gonflé la note globale.
  • Les campagnes médiatiques ciblées : Des fonds ont été alloués pour financer des tribunes payantes dans la presse internationale, des opérations de relations presse et des colloques académiques destinés à crédibiliser la démarche togolaise.

Des dépenses de prestige face à la précarité des services publics nationaux

Pour les acteurs de la société civile et les analystes économiques locaux, ce choix de priorités passe mal. Ces 2 millions de dollars injectés dans une diplomatie d’influence auraient pu répondre à des urgences concrètes de la population togolaise. Une telle somme aurait en effet permis de doter en équipements médicaux essentiels les centres de santé de Kara, de Dapaong ou d’Adetikopé, d’ériger de nouvelles infrastructures scolaires ou de soutenir financièrement les foyers les plus vulnérables.

En privilégiant le rayonnement international à travers des intermédiaires étrangers, les autorités togolaises mettent en lumière un décalage persistant entre la quête de prestige extérieur et le quotidien difficile des citoyens.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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