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Cameroun : Yaoundé mobilise 432 millions de dollars pour reprendre Société Générale Cameroun

Publié le 15 septembre 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le Cameroun s’active pour réunir les fonds nécessaires au rachat de la Société Générale Cameroun (SGC), désormais appelée ex-filiale du groupe français. L’opération pourrait atteindre 432 millions de dollars, soit près de 260 milliards de francs CFA. Cette somme englobe le prix d’achat des parts du groupe parisien et les besoins de recapitalisation après la transaction. Yaoundé veut garantir la continuité d’une banque commerciale majeure du pays.

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Un rachat dans le contexte du désengagement européen en Afrique

Le dossier camerounais reflète un mouvement plus vaste : Société Générale se retire progressivement d’Afrique. Le groupe français, dans un plan de rationalisation, a déjà vendu des filiales en Afrique subsaharienne, notamment au Congo, au Burkina Faso, au Tchad et en Mauritanie. Le Cameroun reste une place stratégique grâce au poids économique de Douala et à la profondeur de son marché bancaire. Le départ d’un acteur historique, présent depuis les indépendances, modifie la concurrence dans la zone Cemac.

À la différence d’autres cessions faites au profit de groupes bancaires panafricains, Yaoundé a exercé son droit de préemption pour reprendre directement la participation majoritaire. Les autorités justifient cette décision par la nécessité de préserver un outil bancaire sensible pour le financement des grandes entreprises publiques et des infrastructures. Cette approche tranche avec les habitudes récentes de la sous-région, où les groupes marocains, ivoiriens ou nigérians ont absorbé les portefeuilles délaissés par les Européens.

Le montage financier au cœur des arbitrages

Il reste à assembler le tour de table. Le ministère des Finances étudie plusieurs pistes pour couvrir les 432 millions de dollars. Un recours au marché régional des titres publics, animé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), figure parmi les options, aux côtés de prêts bilatéraux et de lignes concessionnelles auprès de partenaires multilatéraux. Le calibrage devra respecter les objectifs budgétaires du programme conclu avec le Fonds monétaire international.

La question du portage temporaire des parts se pose aussi. Plusieurs scénarios circulent, dont une intervention initiale d’un véhicule public qui céderait progressivement une partie du capital à des investisseurs institutionnels camerounais. Les caisses de retraite, les compagnies d’assurance et certains grands groupes privés locaux pourraient être sollicités dans un second temps. Un tel montage permettrait de désengager partiellement le Trésor tout en maintenant un ancrage national fort au capital de la banque.

Un test pour la souveraineté financière régionale

L’opération dépasse la seule dimension patrimoniale. Elle envoie un signal politique aux investisseurs et aux partenaires financiers du Cameroun, alors que plusieurs pays d’Afrique francophone revendiquent une réappropriation des leviers bancaires. La Côte d’Ivoire et le Sénégal ont récemment engagé des réflexions similaires sur le devenir des filiales locales de banques européennes. Le précédent camerounais, s’il aboutit dans les délais annoncés, servira de référence méthodologique pour ces dossiers.

Sur le plan opérationnel, la reprise devra préserver la notation de l’établissement, ses relations de correspondance bancaire internationale et la confiance de sa clientèle entreprise. La transition de gouvernance représente un exercice délicat, notamment pour la conformité aux standards prudentiels de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). Les équipes en place, qui ont assuré la continuité du service depuis l’annonce de la cession, seront un actif clé de la nouvelle configuration.

Le calendrier reste serré. L’exécutif camerounais entend finaliser le bouclage financier avant la fin de l’exercice en cours, condition indispensable pour matérialiser juridiquement le transfert de propriété. L’issue de ce chantier conditionnera la crédibilité de la stratégie de souveraineté bancaire portée par Yaoundé. Le gouvernement affine actuellement les derniers arbitrages du plan de financement.

Pour aller plus loin

RDC : un projet de budget 2027 fixé à 24,8 milliards de dollars · Sénégal : la dette publique atteint 25 000 milliards de FCFA en 2024 · L’AIGF primée pour sa performance dans la gouvernance publique ivoirienne

Par Zara Hassane — Grand reporter

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