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Cameroun : le kilogramme de cacao atteint 2 600 FCFA en fin de campagne

Publié le 9 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le cacao camerounais a franchi un cap symbolique. Le 7 juillet 2026, le kilogramme de fèves s’échangeait entre 2 500 et 2 600 FCFA dans les principaux bassins de production, un plus haut depuis l’ouverture de la campagne 2025-2026. Ces cotations, relevées par le Système d’information des filières (SIF), l’outil de veille tarifaire de l’Office national du cacao et du café (ONCC), portent le prix aux producteurs à son niveau record à huit jours de la clôture officielle de la saison, fixée au 15 juillet.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une remontée tardive après une campagne atone

La dynamique haussière observée depuis environ deux mois a laissé les planteurs sur leur faim pendant une large partie de l’exercice. Il aura fallu attendre le 22 juin 2026 pour que le seuil des 2 000 FCFA le kilogramme soit franchi pour la première fois depuis le coup d’envoi de la campagne, donné à Mbankomo le 7 août 2025. Autrement dit, pendant plus de dix mois, les producteurs camerounais ont commercialisé leurs fèves à des niveaux structurellement inférieurs aux attentes formulées en début de saison.

Ce redressement tardif ne suffit pas à effacer le sentiment d’occasion manquée dans les zones de production du Centre, du Sud-Ouest et du Littoral. Les 2 600 FCFA atteints en fin de campagne restent en effet loin des sommets récents. Lors de la saison 2024-2025, la fève avait culminé à 5 400 FCFA le kilogramme dans certains bassins. Un an auparavant, pendant la campagne 2023-2024, les cotations avaient même flirté avec 6 000 FCFA, un niveau historique qui avait durablement transformé l’économie villageoise cacaoyère.

Le contrecoup d’un marché mondial revenu à l’excédent

L’écart avec les prévisions officielles est considérable. À l’ouverture de la campagne, les autorités camerounaises anticipaient une fourchette de 3 200 à 5 400 FCFA le kilogramme, en ligne avec l’exceptionnelle tenue des cours mondiaux constatée durant les deux exercices précédents. La conjoncture internationale en a décidé autrement. Après plusieurs saisons marquées par un déficit d’offre sévère, notamment lié aux aléas climatiques en Côte d’Ivoire et au Ghana, le marché mondial a basculé.

Les dernières estimations pointent un retour à l’excédent structurel de la production mondiale, mécaniquement défavorable aux prix. La détente de l’offre s’est doublée d’un tassement de la demande industrielle dans plusieurs grands marchés de consommation, où les broyeurs ont ralenti leurs achats face au renchérissement des produits finis en rayon. Cette combinaison a effacé la prime de rareté qui soutenait les cours à New York et à Londres depuis 2023, et par ricochet les prix bord champ payés dans les zones de production africaines.

Un signal ambivalent pour la filière camerounaise

Pour l’ONCC et les acteurs de la filière, le pic observé en fin de campagne présente un intérêt limité en volume. L’essentiel de la production camerounaise, estimée autour de 300 000 tonnes annuelles, est en effet commercialisée entre septembre et mai, avant la période de soudure. Les producteurs disposant encore de stocks à écouler en juillet sont statistiquement minoritaires, ce qui réduit l’impact macroéconomique du rebond récent sur les revenus paysans.

Reste que le signal envoyé au marché n’est pas neutre à quelques semaines de l’ouverture de la campagne 2026-2027. Un raffermissement durable des cours au-delà de 2 500 FCFA constituerait un plancher psychologique appréciable pour recalibrer les anticipations. Les autorités devront néanmoins arbitrer entre communication optimiste et prudence budgétaire, dans un contexte où le cacao demeure l’un des premiers pourvoyeurs de devises non pétrolières du Cameroun. La trajectoire des broyeurs européens et l’ampleur de la récolte principale ouest-africaine seront déterminantes pour la suite.

Selon Investir au Cameroun, le prix de 2 600 FCFA constitue le nouveau record de la campagne cacaoyère 2025-2026, qui s’achève officiellement le 15 juillet 2026.

Pour aller plus loin

Inflation au Cameroun : cinq capitales régionales dépassent le seuil Cemac · CGEM : Hicham Tazi recompose la gouvernance du patronat marocain · Le Gabon publie son Rapport national sur le développement humain 2026

Par Zara Hassane — Grand reporter

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