Burkina Faso : les Peuls face à des violations massives des droits fondamentaux

À l’approche de la clôture des sessions du Conseil des droits de l’homme, une attention soutenue est requise concernant la situation critique des populations Peules au Burkina Faso. Ces communautés se retrouvent tragiquement prises au piège des conflits liés à la lutte antiterroriste qui sévit dans la région du Sahel.

Depuis l’année 2016, les civils Peuls du Burkina Faso subissent de graves violations de leurs droits fondamentaux, des actes qui, par leur nature et leur gravité, pourraient être qualifiés de crimes internationaux. L’étendue des massacres perpétrés dans plusieurs zones géographiques suggère une possible épuration ethnique, compte tenu de leur caractère systématique, généralisé et de grande ampleur.

Ces exactions prennent fréquemment la forme d’exécutions extrajudiciaires ciblant des milliers de civils. Elles sont imputables soit aux forces de sécurité, parfois appuyées par des milices d’autodéfense bénéficiant d’un soutien étatique, soit à des groupes armés non-étatiques. Entre janvier 2019 et mai 2020, des centaines d’individus ont été massacrés dans des localités comme Yirgou, Kain Ouro, Banh, Barga, Djibo et Tawalbougou. Parallèlement, des milliers d’autres personnes, y compris des mineurs, sont arbitrairement arrêtées et détenues au secret dans des conditions déplorables, notamment dans les établissements pénitentiaires de Kaya et Loumbila, sans accès à la justice ni à une représentation légale. Cette situation est aggravée par un climat de discrimination et de stigmatisation à l’égard de ces communautés, qui doivent également faire face à une insécurité alimentaire grandissante.

Malgré la publication de multiples rapports et le dépôt de nombreuses plaintes auprès des instances judiciaires, les autorités du Burkina Faso n’ont pas encore pris les mesures nécessaires pour identifier et traduire en justice les auteurs de ces violations. Il est impératif que le Conseil des droits de l’homme exhorte le gouvernement burkinabé à mettre en œuvre des actions sécuritaires et judiciaires robustes afin d’établir un cadre protecteur pour cette population particulièrement vulnérable.