Blocus des routes au Mali : les voyageurs bloqués hors de Bamako
blocus des routes au Mali : les voyageurs bloqués hors de Bamako
Le Mali fait face à une situation critique pour les voyageurs depuis l’instauration d’un blocus des axes routiers menant à Bamako. Décrété par le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) après les attaques du 25 avril, cette mesure perturbe gravement les déplacements vers la capitale malienne.
Des véhicules de transport incendiés et des trajets perturbés
La semaine dernière, des djihadistes ont incendié plusieurs camions et véhicules de transport de marchandises en direction de Bamako. Si certaines compagnies maintiennent leurs services, d’autres ont dû suspendre leurs activités en raison de l’insécurité persistante. Les voyageurs se retrouvent ainsi pris au piège, avec des trajets allongés ou des voyages annulés.
Des témoignages révélateurs de la crise
Mody, un migrant malien en provenance de Nouakchott en Mauritanie, raconte son périple : « Nous avons quitté la ville jeudi dernier à 7 heures du matin pour arriver à Gogui, à la frontière, à 23 heures. Les transporteurs nous ont avertis des dangers sur la route. Nous avons passé trois nuits sur place avant qu’un convoi militaire ne nous escorte finalement jusqu’à Diéma. »*
Un responsable d’une compagnie de transport confirme que dix de leurs bus sont bloqués dans les pays voisins, tandis que deux ont été détruits par les attaques des djihadistes. Face à cette situation, la société a décidé de suspendre temporairement ses liaisons vers et depuis Bamako.
Une attente interminable pour les passagers
Dans une autre compagnie reliant Bamako à Ségou, des passagers attendent depuis près d’une semaine pour obtenir un billet. Seyba, un sexagénaire originaire de Ségou, témoigne : « Je devais rentrer chez moi après des funérailles, mais aucun bus n’est disponible. Toutes les compagnies sont dans la même situation. Si je ne trouve pas de solution, je resterai à Bamako en attendant des jours meilleurs. »*
Le gérant de l’entreprise, qui souhaite rester anonyme, révèle avoir perdu cinq véhicules incendiés par les éléments du Jnim. Ces actes visent à maintenir le blocus des routes vers la capitale, aggravant les difficultés des voyageurs et des transporteurs.
Cette crise routière illustre les défis sécuritaires et logistiques auxquels le Mali est confronté, avec des répercussions directes sur la mobilité des populations.