Blocage douanier en rdc : le programme sino-congolais en péril
Programme sino-congolais : le dédouanement enraye l’avancement des chantiers routiers en RDC

Les matériaux et équipements indispensables au Programme sino-congolais, destiné à moderniser les infrastructures de la République Démocratique du Congo (RDC), restent bloqués dans les entrepôts douaniers de Matadi depuis plus de six mois. Cette situation menace directement la poursuite des travaux sur plusieurs chantiers prioritaires, malgré les exonérations fiscales prévues par la convention.
Lors d’une rencontre avec le Ministre des Infrastructures, John Banza, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté sur les conséquences de ces retards. Sans déblocage immédiat, les activités pourraient être fortement ralenties, voire stoppées, affectant des projets majeurs comme les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, la route Manterne – Tshela – Singini, ou encore l’Hôpital Général de Référence de Kikwit.
Les entreprises engagées dans ce partenariat sino-congolais bénéficient pourtant d’avantages fiscaux définis par la Loi n°14/005 du 11 février 2014 et l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signé en 2024. Cependant, les demandes de dédouanement et de prise en charge des fiscalités indirectes restent sans réponse depuis des mois, paralysant l’ensemble du processus.
Parmi les équipements bloqués figurent près de 1 477 tonnes de bitume destinées aux Rocades de Kinshasa, au tronçon Matadi – Tshela – Singini et à la route Kananga – Kalamba Mbuji. De plus, 1 650 tonnes de bitume pour la réhabilitation de la RN1 (Mbujimayi – Nguba) sont immobilisées dans le Grand Katanga. Sans compter les machines lourdes, pièces détachées et matériaux de construction retenus aux postes frontaliers.

Cette caravane d’inspection des infrastructures, lancée le 19 juin dans le Grand Bandundu, a confirmé l’avancement satisfaisant des travaux financés par SICOMINES. L’Hôpital Général de Référence de Kikwit, par exemple, voit sa capacité d’accueil passer de 150 à 650 lits, tandis que la morgue est modernisée pour accueillir jusqu’à 90 corps. Pourtant, ces efforts risquent d’être réduits à néant sans un déblocage rapide des flux logistiques.
La saison sèche, période idéale pour les travaux routiers, pourrait paradoxalement aggraver la situation. Les délais de livraison, déjà menacés, risquent de s’allonger, privant la population d’infrastructures modernes dont elle a cruellement besoin. Parmi les projets concernés :
- Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa ;
- La route Manterne – Tshela – Singini ;
- La route Kananga – Kalamba Mbuji ;
- La RN1 (Mbujimayi – Nguba) ;
- Le Stade d’Idiofa ;
- L’Hôpital Général de Référence de Kikwit.
Pour éviter un arrêt complet des chantiers, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC) doit jouer un rôle central dans le dédouanement des matériaux. Sans une coordination renforcée entre tous les acteurs, la RDC perdra non seulement du temps, mais aussi des opportunités de développement cruciales pour son avenir.