Afrique économie – Côte d’Ivoire: à Yamoussoukro, le boom de l’immobilier ravit les investisseurs, inquiète les agriculteurs
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Côte d’Ivoire: à Yamoussoukro, le boom de l’immobilier ravit les investisseurs, inquiète les agriculteurs

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À Yamoussoukro, les terrains prennent de la valeur et les chantiers poussent à vue d’œil. La capitale politique ivoirienne est en train de devenir l’un des nouveaux pôles de l’investissement immobilier du pays. Une ruée vers le foncier qui redessine aussi les villages et soulève la question de l’avenir des terres agricoles.

Une photographie prise à Yamoussoukro le 25 janvier 2024, montre la basilique « Notre Dame de la Paix » (image d'illustration).
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Avec notre correspondant à Yamoussoukro,

Muni de son drone, Francis Djaha fait découvrir les parcelles qu’il commercialise à des clients potentiels. D’ici, la vue est imprenable sur la basilique, l’un des monuments les plus emblématiques du pays. Vu du ciel, des dizaines de lots sont déjà délimités. Selon l’emplacement et la superficie, les terrains se négocient entre 15 et 40 millions de FCFA. Agent immobilier depuis cinq ans, Francis Djaha constate un intérêt grandissant pour Yamoussoukro : « On a des particuliers qui veulent construire des logements résidentiels, des industriels. On a des commerciaux qui veulent des lots pour des bureaux, des gens qui veulent des terrains agricoles. On a aussi des gens qui veulent acheter des maisons toutes faites. »

Dans plusieurs quartiers, les chantiers se multiplient et les investisseurs affluent. Si la capitale politique attire autant, c’est d’abord parce que le foncier y reste disponible. Mais ce n’est pas le seul argument. « Les routes sont très grandes, au point que l’on circule facilement d’un point à un autre. Et puis la ville est très paisible. Les infrastructures que le président Houphouët-Boigny a construites à Yamoussoukro permettent de se différencier des autres villes. Et puis on est au centre. De Yamoussoukro, on peut aller facilement partout », détaille encore Francis Djaha.

Des terres arables grignotées

Des atouts qui séduisent de plus en plus d’acquéreurs. Certains viennent d’Abidjan, d’autres de l’intérieur du pays ou encore de la diaspora, attirés par des prix encore jugés accessibles et par les perspectives de développement de la capitale politique. C’est le cas de ce chef d’entreprise, qui préfère garder l’anonymat. Attiré par l’expansion de la capitale, il vient d’acquérir une parcelle et envisage déjà la suite. « L’objectif, c’est un projet de résidence que nous souhaiterions mettre à la disposition de la population », confie-t-il.

Mais cette ruée vers le foncier transforme aussi les villages qui entourent Yamoussoukro. Des terres autrefois consacrées aux cultures de cacao, d’igname ou de manioc cèdent progressivement la place aux lotissements. Une mutation qui nourrit des espoirs de développement, mais aussi des inquiétudes sur l’avenir du patrimoine foncier des populations locales. À Séman Sanhourikro, à quelques kilomètres de la capitale politique, Michel N’Goran, conseiller du chef du village, observe ces changements avec préoccupation. « En faisant les lotissements, nous ne pouvons plus cultiver la terre. D’ici 50 ans, 30 ans, je pense que ce qui est arrivé aux Ebriés à Abidjan va arriver aussi aux Akouès et Nanafouès de Yamoussoukro. Nous n’aurons plus de terres cultivables », alerte-t-il.

Le Plan national de développement quinquennal prévoit de relier Abidjan à Yamoussoukro en 45 minutes grâce à une ligne de train à grande vitesse. De quoi renforcer l’attractivité de la capitale politique ivoirienne. 

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