Yam’na et le futur industriel du Gabon : un pari sur les compétences locales

Yam’NA : Eramet Comilog et SETRAG façonnent l’avenir industriel du Gabon

Libreville — Le Gabon mise sur une nouvelle génération de talents pour bâtir son avenir industriel. Avec le lancement de la troisième édition du programme Yam’NA, Eramet Comilog et SETRAG confirment leur engagement en faveur d’une transformation locale des ressources gabonaises. Cette initiative, bien plus qu’un simple soutien aux études, s’inscrit dans une vision stratégique : former les compétences qui piloteront les industries de demain.

Initié en 2024 par Eramet Comilog dans le cadre de son programme Beyond, ce dispositif a déjà permis à une cinquantaine de jeunes Gabonais de poursuivre des études supérieures dans le pays. Cette année, l’arrivée de SETRAG comme partenaire renforce l’ambition nationale du projet, en unissant deux secteurs clés : l’industrie minière et le transport ferroviaire.

Des bourses ciblées pour des secteurs stratégiques

Pour l’année universitaire 2026-2027, cinquante nouvelles bourses seront attribuées aux bacheliers gabonais. Contrairement aux éditions précédentes, ces aides financières seront prioritairement orientées vers des filières alignées sur les besoins futurs du Gabon. Parmi elles, la métallurgie, la sidérurgie, la chimie industrielle, l’agroalimentaire, l’agroforesterie et les métiers de l’économie verte occupent une place centrale. L’objectif ? Réduire la dépendance aux compétences étrangères et valoriser davantage les ressources locales.

Cette approche ne se limite pas à l’insertion professionnelle des étudiants. Elle vise à anticiper les besoins d’une industrie en pleine mutation, où la capacité à transformer les matières premières sur place devient un enjeu de souveraineté économique. Les futurs ingénieurs, techniciens et experts formés dans ces domaines joueront un rôle clé dans la valorisation du manganèse, du fer, du bois et des produits agricoles gabonais.

Une réponse aux défis de la compétitivité industrielle

Le Gabon n’est pas le seul pays africain à faire face à ce défi. Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la course aux minerais stratégiques, posséder des ressources ne suffit plus. Il faut aussi disposer des compétences pour les exploiter et les transformer localement. Le programme Yam’NA répond à cette équation en rapprochant les parcours universitaires des réalités industrielles.

Destiné aux jeunes Gabonais de moins de 25 ans titulaires du baccalauréat obtenu au premier tour, ce dispositif s’adresse aux filières techniques, industrielles ou environnementales. Les inscriptions sont ouvertes du 8 au 28 juillet 2026. Au-delà du soutien financier, le programme cherche à aligner les formations avec les attentes du marché du travail, un enjeu crucial pour les économies africaines où les diplômés peinent parfois à trouver des emplois en phase avec leurs compétences.

Eramet Comilog et SETRAG, acteurs majeurs de l’économie gabonaise

Avec près de 3 500 emplois directs générés dans le Haut-Ogooué, Eramet Comilog et sa filiale ferroviaire SETRAG sont des piliers de l’économie gabonaise. SETRAG, qui exploite les 648 kilomètres du Transgabonais, assure chaque année le transport de près de neuf millions de tonnes de marchandises et de centaines de milliers de voyageurs. Leur partenariat autour de Yam’NA illustre une volonté commune d’investir dans le capital humain gabonais.

Le Gabon mise sur sa jeunesse pour son industrialisation

Cette initiative s’inscrit dans une tendance de fond où les pays africains passent d’une logique d’exportation de matières premières à une stratégie de valorisation locale. Le Gabon, riche en ressources naturelles, cherche ainsi à transformer sa jeunesse en levier de création de valeur. En formant des profils capables de répondre aux besoins émergents, le pays anticipe les mutations industrielles et renforce sa souveraineté économique.

Les modalités de candidature et les critères d’éligibilité sont détaillés sur la plateforme officielle du programme Yam’NA.