Usine de dessalement de Rabat : Veolia et le Maroc relancent les discussions

Les discussions autour du projet d’usine de dessalement de Rabat ont repris de plus belle entre Veolia, groupe français leader en gestion de l’eau, et le ministère marocain de l’Intérieur. Ce projet d’envergure, avec une capacité annuelle de 300 millions de m³, retrouve une dynamique après plusieurs mois de pause. Les négociations, soutenues par les plus hautes instances, visent à concrétiser une infrastructure essentielle pour le pays.

Un projet stratégique pour l’approvisionnement en eau

Ce chantier, dont la production prévue s’élève à 822 000 m³ d’eau potable chaque jour, repose sur l’utilisation d’énergies renouvelables. Le Maroc mise sur cette technologie pour sécuriser son approvisionnement hydrique, surtout dans un contexte marqué par des défis climatiques croissants. Les pourparlers actuels se concentrent sur l’un des aspects les plus sensibles : le prix de l’eau dessalée.

Les deux parties cherchent à aboutir à un accord sur un tarif cible de 4,5 dirhams par m³, un compromis jugé équilibré pour garantir la viabilité économique du projet tout en répondant aux besoins urgents des populations. « Les échanges ont repris progressivement, sans interruption formelle, mais avec des ajustements nécessaires pour aligner les attentes des deux parties», confie un observateur proche du dossier.

Un partenariat public-privé ambitieux

Signé en octobre 2024 lors d’une visite officielle, un protocole d’accord avait scellé l’engagement des deux pays. Ce partenariat, situé sur la côte atlantique à proximité de Rabat, confiera à Veolia la conception, le financement, la construction et l’exploitation de l’usine pour une durée de 35 ans. Une formule gagnant-gagnant pour le Maroc, qui bénéficie d’une expertise internationale de pointe.

Avec une capacité annuelle de 300 millions de m³, cette installation desservira les régions de Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès, couvrant ainsi les besoins en eau de près de 9,3 millions d’habitants. Une avancée majeure pour un pays où la ressource hydrique reste un enjeu prioritaire.

Contexte diplomatique et autres projets dans le pays

Ces négociations coïncident avec la tenue à Rabat d’une réunion de la Haute Commission mixte Maroc-France, présidée par le Premier ministre français et le chef du gouvernement marocain. Un calendrier chargé qui témoigne de l’importance stratégique accordée à ce dossier.

Par ailleurs, le Maroc attire toujours plus d’acteurs internationaux dans le secteur du dessalement. Deux entreprises espagnoles, Acciona et Cox, sont en compétition pour remporter le contrat de construction de la future usine de dessalement de Tanger. Prévue pour une mise en service entre 2028 et 2029, cette infrastructure ajoutera 150 millions de m³ d’eau potable par an à la capacité nationale.