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Sonko sur la dette du Sénégal : transparence et lignes rouges face au fmi

Publié le 15 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Lors d’un échange sans concession sur la gestion de la dette publique sénégalaise et l’arrivée annoncée d’une mission du Fonds monétaire international à Dakar, le président de l’Assemblée nationale a balayé les idées reçues sur son passage à la Primature. Ousmane Sonko a livré une analyse sans détour de ses deux années passées à la tête du gouvernement, tout en posant des garde-fous clairs pour l’exécutif actuel. Son message est sans ambiguïté : ni dogmatisme ni renoncement face aux pressions extérieures.

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Interrogé sur une éventuelle restructuration de la dette, il a d’abord écarté toute vision figée. « Nous ne nous enfermons pas dans des positions intransigeantes. Chaque décision se prend avec lucidité et pragmatisme », a-t-il souligné. Mais il a immédiatement rappelé son opposition ferme à une restructuration brutale lorsqu’il était Premier ministre. « Les conditions n’étaient pas réunies : le Sénégal n’était pas en défaut et honorait ses engagements », a-t-il analysé. Cette ligne, il entend la défendre depuis les bancs de l’Assemblée. « Aucune solution ne sera acceptée si elle compromet nos réformes structurelles au profit de critères éphémères », a-t-il prévenu, annonçant l’usage des prérogatives parlementaires pour bloquer toute initiative contre-productive.

Sur sa propre gestion de l’endettement, Ousmane Sonko a assumé ses choix sans détour. Face aux critiques sur son recours aux bailleurs internationaux malgré ses discours sur la souveraineté économique, il a justifié sa transparence. « Nous avons choisi de ne pas occulter les chiffres, car tôt ou tard, la réalité aurait fini par nous rattraper », a-t-il expliqué, citant en exemple la crise grecque pour illustrer l’importance de la rigueur. « La dette se renouvelle partout dans le monde, mais elle doit être gérée avec rigueur », a-t-il insisté, revendiquant une approche orthodoxe des échéances.

Le moment le plus marquant de l’entretien a porté sur la dette dite « odieuse ». Pressé d’expliquer pourquoi il n’avait pas exigé son annulation pure et simple, il a reconnu les contraintes institutionnelles de l’époque. « Mes marges de manœuvre étaient limitées. Les pouvoirs du Premier ministre sont encadrés dans ce pays », a-t-il reconnu, distinguant ses prises de position en tant que leader politique de ses actions concrètes au gouvernement. Il a également confirmé l’alignement avec le président Diomaye Faye sur cette question, précisant que ce dernier avait « réaffirmé la continuité de la ligne adoptée » lors de leur dernière discussion.

C’est sur l’avenir que Ousmane Sonko a révélé ses attentes les plus fortes. Conscient que « cette dette est en partie odieuse », il a appelé l’actuel gouvernement à faire preuve de courage politique. « Ce débat nécessite du cran », a-t-il lancé, espérant que les autorités « assumeront leurs responsabilités pour discuter d’une annulation partielle ». Une exhortation qui sonne comme un test de cohérence pour un pouvoir dont il a été l’un des piliers jusqu’à récemment.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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