Société civile sénégalaise exige un référendum transparent sur la réforme constitutionnelle

société civile sénégalaise exige un référendum transparent sur la réforme constitutionnelle

manifestation pour la réforme constitutionnelle au Sénégal

Le collectif Y’en a marre, mouvement citoyen emblématique du Sénégal, a pris position en faveur d’un référendum pour valider la réforme constitutionnelle récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Cette démarche, soutenue par le président Bassirou Diomaye Faye, vise à garantir une transparence totale dans le processus législatif.

Selon les dirigeants de Y’en a marre, la société civile attend des garanties pour éviter que cette initiative ne soit instrumentalisée à des fins politiques. Aliou Sané, fondateur du mouvement, a souligné l’importance de permettre aux citoyens de s’approprier les enjeux avant toute décision finale : « Le référendum ne doit pas servir de prétexte pour retarder des réformes ou contourner des débats essentiels. Les citoyens méritent de comprendre et de participer pleinement ».

Retour des pratiques controversées

Le collectif dénonce également le retour de méthodes contestables, comme l’assimilation de ses membres à des groupes marginaux. Depuis qu’il critique la stratégie du parti Pastef, Y’en a marre est régulièrement associé à l’étiquette infamante de « lobby LGBT », une accusation particulièrement sensible dans le contexte sénégalais où l’homosexualité est sévèrement réprimée depuis mars 2024.

« Ces accusations rappellent les méthodes utilisées sous les présidences d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall. À l’époque, ceux qui dénonçaient ces pratiques étaient nos alliés. Aujourd’hui, ils les reproduisent », a déclaré un porte-parole du mouvement, rappelant que la société civile n’a jamais été financée par des groupes étrangers.

Tensions et arrestations lors de l’adoption de la réforme

La tension était palpable lundi 29 juin, jour de l’adoption du texte par les députés. Douze personnes, dont neuf militants du parti Alternative pour la relève citoyenne (ARC), ont été interpellées aux abords de l’Assemblée nationale. Accusées de « troubles à l’ordre public » et de « participation à une manifestation non autorisée », elles ont été libérées quelques heures plus tard, sans qu’aucune charge ne soit retenue.

Pour Y’en a marre, ces événements illustrent un climat politique de plus en plus délétère, marqué par des manœuvres dilatoires et une volonté de museler les voix dissidentes. Le mouvement appelle à une clarification immédiate pour éviter que la réforme constitutionnelle ne devienne un outil de division plutôt qu’un levier de progrès démocratique.