Sénégal : un président menace d’instaurer la censure après une rupture avec son gouvernement
Un président menace d'instaurer la censure après une rupture avec son gouvernement
Le ton est monté d’un cran dans la crise politique sénégalaise. Lors d’un meeting tenu le 12 juillet à Mbacké, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, a multiplié les attaques frontales contre le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement.
Dans un discours diffusé largement sur les réseaux sociaux dès le lendemain, Sonko a dénoncé ce qu’il qualifie de trahison du projet Pastef et pointé la corruption au sein de l’appareil d’État. La menace est explicite : il évoque le dépôt d’une motion de censure pour faire tomber le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô, nommé Premier ministre le 25 mai dernier selon un décret présidentiel.
Une rupture consommée depuis mai
Cette offensive s'inscrit dans un divorce politique désormais acté. Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye avait brutalement limogé Ousmane Sonko de la primature, entraînant la dissolution complète du gouvernement. Selon Al Jazeera, cette décision avait sidéré l’opinion, les deux hommes étant considérés comme les piliers jumeaux du Pastef depuis l’élection présidentielle de mars 2024.
Des maires basculent dans le camp Faye
Tandis que Sonko multiplie les coups, le président Faye consolide ses appuis sur le terrain. Le 12 juillet, jour même du meeting de Mbacké, dix des seize maires du département de Mbour ont publiquement affiché leur soutien au chef de l’État, selon Dakaractu. Cette démonstration de force intervient alors que Faye s'emploie à bâtir sa propre base politique, distincte du Pastef historique.
Une bataille sur plusieurs fronts
Au-delà des contrats miniers et pétroliers, Sonko a élargi ses attaques. Il a critiqué la décision des sept Sages du Conseil constitutionnel qui ont invalidé la révision constitutionnelle, tout en ciblant directement le président Faye dans cette affaire, selon Dakaractu.
Contexte au Sénégal
Le Sénégal, pays de 18 millions d’habitants situé à l’extrême ouest de l’Afrique, a connu une alternance historique en mars 2024 avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye. Le jeune président, porté par le mouvement Pastef et son mentor Ousmane Sonko, avait promis une rupture avec les pratiques de l’ancien régime et une gestion souveraine des ressources naturelles, notamment les gisements de pétrole et de gaz découverts au large de Dakar.