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Sénégal : le procès d’une ancienne ministre sous les projecteurs juridiques

Publié le 10 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le Sénégal s’apprête à vivre un moment judiciaire historique. La Haute Cour de Justice a fixé au 22 juillet l’ouverture du procès d’Aïssatou Sophie Gladima, ancienne titulaire du ministère des Mines et de la Géologie sous le mandat de Macky Sall. Placée en détention préventive depuis plusieurs mois, l’ex-responsable publique devra répondre de ses actes devant une institution exceptionnelle, dédiée aux membres du gouvernement accusés dans l’exercice de leurs fonctions. Cet événement marque une avancée majeure dans la démarche de transparence portée par les nouvelles autorités dakaroises.

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Une instance judiciaire d’exception au rôle limité mais symbolique

La Haute Cour de Justice occupe une place unique dans le paysage institutionnel sénégalais. Composée exclusivement de députés élus par leurs pairs, elle est la seule compétente pour juger les ministres accusés de crimes ou délits commis dans le cadre de leurs missions officielles. Son activation reste exceptionnelle : depuis l’indépendance du pays, peu de dossiers y ont abouti, ce qui confère à chaque affaire une dimension politique bien au-delà du simple cadre pénal.

Le dossier de Sophie Gladima s’inscrit dans cette lignée. Transmis par l’Assemblée nationale après un vote d’autorisation de poursuite — étape obligatoire —, l’instruction s’est poursuivie jusqu’à son renvoi devant la formation de jugement. Cette décision ouvre désormais la voie à une phase publique d’audience. Les observateurs du secteur extractif suivront ces débats avec un intérêt particulier, le domaine minier représentant un pilier stratégique de l’économie nationale.

Transparence et responsabilité : une priorité affichée par le nouveau pouvoir

Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko en 2024, la lutte contre les détournements présumés est érigée en axe majeur de l’action gouvernementale. Plusieurs anciennes figures de l’administration Sall, ministres, directeurs généraux ou hauts fonctionnaires, ont été placées en garde à vue, auditionnées ou incarcérées. Le procès de Sophie Gladima s’inscrit dans cette dynamique, aux côtés d’autres affaires instruites par le pôle judiciaire financier ou la Haute Cour, selon le statut des personnes mises en cause.

Entre 2019 et 2022, Sophie Gladima a piloté la politique minière du Sénégal, une période marquée par le développement de la filière aurifère à Kédougou et les premières étapes de l’exploitation des hydrocarbures. Les investigations portent notamment sur la gestion des fonds publics et les décisions administratives prises dans l’exercice de ses fonctions. À ce stade, la présomption d’innocence s’applique, et la défense n’a pas encore dévoilé sa stratégie de plaidoirie.

Un message crucial pour les investisseurs du secteur minier

Au-delà du cas individuel, ce procès envoie un signal fort aux acteurs économiques opérant au Sénégal. Le secteur extractif, autrefois dominé par l’or de Kédougou, les phosphates de Thiès et le zircon de la Grande Côte, connaît une phase d’essor avec l’arrivée de nouveaux investisseurs et l’émergence des ressources pétrolières offshore. Les entreprises surveilleront de près la manière dont la justice sénégalaise examine les décisions administratives passées, notamment les concessions de permis et les modifications contractuelles conclues durant la législature précédente.

Pour le gouvernement actuel, l’objectif est double : prouver la solidité des éléments à charge tout en évitant les accusations de partialité. Les soutiens de l’ancienne majorité dénoncent régulièrement une utilisation des procédures à des fins politiques, tandis que la coalition au pouvoir défend une exigence de transparence réclamée par l’électorat. Le 22 juillet, la Haute Cour de Justice deviendra le théâtre de ce débat, avec des audiences qui capteront l’attention des diplomaties et des institutions financières.

Plusieurs questions restent en suspens : le déroulement exact des débats, la liste des témoins cités et le calendrier prévu pour le rendu du verdict. Ces éléments détermineront l’impact réel de ce procès sur l’évolution de la jurisprudence sénégalaise en matière de responsabilité des membres du gouvernement.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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