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Sénégal : la majorité présidentielle barricade le calendrier électoral

Publié le 9 août 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La perspective d’un éventuel report des élections au Sénégal refait surface, animant intensément la sphère politique dakaroise. Après une première intervention du Premier ministre Ousmane Sonko, c’est au tour d’El Malick Ndiaye, figure influente du parti au pouvoir, de s’exprimer avec fermeté. Son message clair vise à contrecarrer toute manœuvre susceptible de modifier les échéances électorales. Cette prise de position de la majorité présidentielle s’inscrit dans un contexte où elle entend rejeter catégoriquement ce qu’elle considère comme une hypothèse inacceptable, à peine plus d’un an après la profonde crise institutionnelle qui a marqué le pays.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une mise en garde directe aux partisans du report

Le discours d’El Malick Ndiaye cible sans ambiguïté les figures politiques qui, publiquement ou en coulisses, pourraient plaider pour un décalage des prochains scrutins. Le cadre de Pastef a martelé que le respect scrupuleux du calendrier électoral représente, pour la formation au pouvoir, une ligne rouge infranchissable. Son intervention fait écho à celle d’Ousmane Sonko, qui avait déjà prévenu, ces derniers jours, que toute tentative de report serait énergiquement combattue.

À travers ces déclarations successives, l’exécutif actuel cherche à maîtriser le récit public avant que l’idée d’un report ne prenne de l’ampleur. Cette stratégie rappelle, à bien des égards, la tentative avortée de l’ancien président Macky Sall de repousser la présidentielle en février 2024, une décision que le Conseil constitutionnel avait finalement invalidée après des semaines de fortes tensions. Ce précédent historique alimente aujourd’hui la vigilance accrue des nouveaux dirigeants.

Un signal politique clair pour l’opposition

La déclaration d’El Malick Ndiaye peut également être interprétée comme un avertissement adressé à l’opposition, que la majorité soupçonne de vouloir manœuvrer pour gagner du temps. En verrouillant ainsi publiquement le débat, Pastef cherche à priver ses adversaires de toute marge de discussion concernant les futures échéances. Le discours s’appuie sur une rhétorique patriotique et institutionnelle, ravivant la mémoire des manifestations qui avaient accompagné, l’année précédente, la contestation du décret présidentiel visant à repousser la présidentielle.

Cette position ferme est aussi un message aux partenaires internationaux du Sénégal, souvent perçus comme des garants informels de la stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest. Dakar souhaite projeter, tant auprès de ses voisins de la CEDEAO que des chancelleries occidentales, une image de continuité institutionnelle irréprochable. Le pays, longtemps cité comme un modèle de régularité électorale dans la sous-région, tient à éviter toute confusion avec les transitions prolongées observées dans d’autres nations de l’actualité Sahel francophone, telles que le Mali, le Burkina Faso ou la Guinée.

Un calendrier sous étroite surveillance

Sur le plan purement juridique, aucune modification du calendrier n’a été officiellement initiée. Cependant, l’anticipation dont fait preuve le pouvoir révèle une tension grandissante autour des futures échéances. Ce climat s’inscrit dans une recomposition des forces politiques depuis l’arrivée de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en avril 2024. Les législatives anticipées de novembre 2024, largement remportées par Pastef, ont certes renforcé la majorité, mais n’ont pas effacé les divergences avec une opposition qui conteste régulièrement les orientations de l’exécutif.

La dynamique enclenchée par les avertissements successifs de Sonko puis d’El Malick Ndiaye pourrait également influencer le futur débat parlementaire. Les discussions au sein de l’Assemblée nationale, où Pastef détient désormais une confortable majorité, seront suivies avec la plus grande attention, notamment sur les textes relatifs à l’organisation des scrutins ou au fichier électoral. Toute initiative perçue comme susceptible d’ouvrir la voie à un glissement de calendrier serait immédiatement dénoncée par la formation au pouvoir.

Il reste que la fermeté verbale affichée par les leaders de Pastef devra se concrétiser, dans les mois à venir, par des actions tangibles en matière de préparation logistique et budgétaire des prochaines consultations. La crédibilité du discours sur la sanctuarisation du calendrier électoral sénégalais dépendra aussi de ces aspects moins visibles mais néanmoins cruciaux.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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