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Sénégal : la circulaire Sonko sur le contrôle renforcé des structures publiques

Publié le 30 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La primature sénégalaise a rendu publique une circulaire majeure dédiée au contrôle des entités sous tutelle de l’État. Signée par le Premier ministre Ousmane Sonko, cette instruction s’adresse à l’ensemble des membres du gouvernement et vise à clarifier les relations entre les ministères et les organismes qui leur sont rattachés : agences, sociétés nationales, établissements publics et structures assimilées. Ce texte s’inscrit dans la continuité des orientations budgétaires et de gouvernance définies par l’exécutif issu de l’alternance politique de 2024.

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Renforcement de la tutelle administrative et financière

La circulaire rappelle avec insistance un principe souvent négligé dans la pratique administrative sénégalaise : chaque entité publique doit relever d’un ministère de tutelle technique. Ce dernier est chargé d’encadrer sa stratégie, d’évaluer ses performances et de veiller à la conformité de ses actions aux politiques sectorielles. Par ailleurs, la tutelle financière, exercée par le ministère en charge des Finances, conserve un rôle central dans le contrôle des équilibres budgétaires et des autorisations d’engagement. Cette double supervision, prévue par la loi sur le secteur parapublic, avait progressivement perdu en clarté, permettant à certaines agences d’évoluer avec une autonomie parfois excessive.

Le document exige des ministres une reprise en main immédiate de leurs entités affiliées. Parmi les priorités figurent la validation des plans stratégiques, l’examen des budgets prévisionnels, le suivi trimestriel des réalisations et le contrôle des recrutements ainsi que de la masse salariale. Ousmane Sonko insiste également sur la nécessité de transmettre des rapports d’activité et des tableaux de bord permettant d’évaluer l’atteinte des objectifs fixés.

Réduction des dépenses publiques et transparence accrue

Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions budgétaires. Depuis la présentation de l’audit des finances publiques à la fin de l’année 2024, le gouvernement sénégalais cherche à maîtriser des dépenses jugées disproportionnées dans le secteur parapublic. Les agences et sociétés à participation publique absorbent une part significative des transferts de l’État, sans que leur impact réel sur les politiques publiques ne soit toujours évaluable. La circulaire ouvre la voie à une revue exhaustive des structures existantes, qui pourraient faire l’objet de fusions, de réorganisations voire de suppressions.

La primature exige en outre que les conseils d’administration des entités publiques se réunissent selon les fréquences légales et que leurs délibérations soient dûment consignées. Ce point n’est pas anodin : plusieurs rapports de la Cour des comptes ont révélé, ces dernières années, des lacunes dans la gouvernance de certains organismes publics, ainsi qu’un manque de transparence dans des décisions engageant des budgets conséquents. En réaffirmant ces obligations, l’exécutif cherche à réduire les zones d’ombre dans l’administration.

Un message politique fort aux administrations

Au-delà de son aspect technique, cette circulaire envoie un signal politique puissant. Elle illustre la volonté du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko de marquer leur empreinte sur l’appareil d’État et de réaffirmer l’autorité du gouvernement central sur des entités parfois perçues comme des fiefs indépendants. Le Premier ministre impose désormais que les nominations aux postes de direction s’accompagnent de lettres de mission détaillées, incluant des indicateurs de performance. Les manquements pourront entraîner des mesures correctives, y compris le retrait des dirigeants concernés.

L’efficacité de cette instruction dépendra toutefois de la capacité des ministères à renforcer leurs cellules de suivi, souvent insuffisantes face à l’ampleur de la tâche. Le secteur parapublic sénégalais compte en effet des dizaines de structures, aux statuts variés, dont la cartographie n’est pas toujours partagée entre les administrations. Une harmonisation des outils de reporting et la publication d’un référentiel commun pourraient être envisagées pour garantir un contrôle véritablement rigoureux.

Concrètement, cette circulaire instaure une exigence de redevabilité renouvelée entre l’État et ses démembrements. Son application sera attentivement observée par les partenaires financiers du Sénégal, qui suivent de près les réformes de gouvernance engagées par Dakar. Le texte a été distribué à l’ensemble des ministères et s’applique immédiatement aux entités concernées.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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