Sénégal : Diomaye Faye crée son parti, la rupture avec Ousmane Sonko s’officialise

Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a officialisé la création d’une nouvelle entité politique. Cette formation est conçue pour fédérer les soutiens à son action présidentielle. L’annonce est intervenue à la suite d’une rencontre prolongée, s’étendant sur près de quatre heures, avec 306 maires représentant les quatorze régions du Sénégal et affiliés à la Coalition Diomaye Président. Selon les communications officielles de la coalition, cette démarche stratégique a pour but de formaliser l’appui politique au président, renforçant ainsi sa base alors que la dynamique du pouvoir connaît des ajustements significatifs au plus haut niveau de l’État.

Afin de concrétiser cette initiative, le président Faye a confié à Aminata Touré, qui occupe le poste de superviseure générale de la Coalition Diomaye Président, la responsabilité de former un comité de réflexion. Ce dernier aura pour mandat d’établir, dans les plus brefs délais, les fondations organisationnelles et statutaires de cette future organisation politique.

La coalition a décrit cette orientation comme une progression logique de son engagement. Elle a également souligné que la nouvelle structure aura pour mission d’assurer une « unité organique » autour du président de la République, en prévision des consultations électorales à venir.

Au cours de cette assemblée, les représentants des collectivités locales ont réitéré leur plein soutien au programme présidentiel. Ils ont spécifiquement loué l’engagement du président à promouvoir une équité territoriale accrue, en positionnant les entités locales au cœur des stratégies gouvernementales.

Cette réorganisation politique survient dans un contexte de divergence marquée entre Bassirou Diomaye Faye et son ex-partenaire, Ousmane Sonko. Ayant quitté la Primature plus tôt cette année, Sonko occupe dorénavant la présidence de l’Assemblée nationale, où il exerce une influence prépondérante grâce à la majorité parlementaire de son camp.

Les dissensions entre les deux figures politiques se sont récemment accentuées autour de la réforme constitutionnelle, validée par les députés le 29 juin. Ce texte majeur introduit plusieurs dispositions, dont l’interdiction pour le chef de l’État de cumuler ses fonctions avec la direction d’un parti politique, la mutation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, et l’élargissement des pouvoirs du Parlement.

Actuellement, le désaccord principal entre Faye et Sonko concerne la méthode d’adoption finale de cette révision constitutionnelle. Ousmane Sonko défend une promulgation directe par le président, s’appuyant sur des précédents juridiques. En revanche, Bassirou Diomaye Faye opte pour l’organisation d’un référendum, permettant ainsi aux citoyens de s’exprimer directement sur le sujet, bien que la date de cette consultation populaire reste à déterminer.