Sénégal : basculement politique après la démission du président de l’assemblée nationale

Un tournant inattendu dans la scène politique sénégalaise

Le paysage politique du Sénégal vient d’être secoué par un rebondissement majeur. À peine 48 heures après le départ du Premier ministre Ousmane Sonko, le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a annoncé sa démission de son poste. Une décision prise dans la foulée d’une réunion exceptionnelle de son parti, le Pastef, et qui intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Malick Ndiaye a justifié son choix par une « profonde réflexion, mûrie dans le silence, guidée par la responsabilité et le sens de l’État ». Il a souligné que cette démission était un « choix personnel », motivé par sa vision des institutions et l’intérêt supérieur du pays. Jusqu’ici, il occupait la deuxième place dans la hiérarchie de l’État sénégalais.

Depuis son accession à la présidence de l’Assemblée nationale, il avait œuvré, aux côtés des députés et de l’administration parlementaire, pour renforcer les institutions, promouvoir la transparence et consolider le rôle du Parlement sur les plans national et international.

Ousmane Sonko en position de force pour diriger l’Assemblée

Le même jour, l’Assemblée nationale a acté la réintégration d’Ousmane Sonko, limogé quelques jours plus tôt de ses fonctions de Premier ministre. Parallèlement, il a été annoncé que le vote pour élire son successeur à la tête de l’institution aurait lieu le lendemain, le mardi 26 mai. Dans ce contexte, le leader du Pastef semble désormais en tête de la course, son parti disposant d’une majorité parlementaire confortable. Une évolution spectaculaire qui pourrait, en moins de trois jours, propulser Ousmane Sonko du statut de Premier ministre évincé à celui de président de l’Assemblée nationale, la deuxième personnalité de l’État.

Cette séquence politique marque un tournant décisif : le duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko laisse place à une confrontation directe entre les deux figures. Les prochains mois s’annoncent riches en alliances, en rapports de force et en stratégies, alors que le Sénégal se prépare à des élections locales et que la présidentielle de 2029 se profile à l’horizon.

Une question reste en suspens : le président Bassirou Diomaye Faye optera-t-il pour une dissolution de l’Assemblée nationale à l’échéance constitutionnelle de décembre ?

En attendant, l’attention se porte sur la nomination du prochain Premier ministre, chargé de former un gouvernement dans un climat politique particulièrement tendu depuis le limogeage d’Ousmane Sonko.