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Sahel: l’absence de stratégie militaire face à la montée du djihadisme

Publié le 24 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La bande sahélo-saharienne est devenue le théâtre principal de l’extrémisme violent à l’échelle mondiale. De la région de Kayes au Mali jusqu’aux abords du lac Tchad, des populations entières subissent la loi de groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Interdiction de travailler la terre, application de règles sociales brutales, peur constante des attaques… Le quotidien des habitants est devenu un enfer. Le plus inquiétant dans cette dégradation n’est pas seulement la puissance des assaillants : c’est l’absence criante d’une véritable politique sécuritaire pour enrayer la propagation.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Un pilotage à vue et des ripostes improvisées

Face à une menace qui ignore les frontières et se déplace avec une fluidité remarquable, les États sahéliens répondent par des actions éparpillées, mal coordonnées et souvent décidées dans l’urgence. On assiste à des réactions émotionnelles après chaque attaque meurtrière, plutôt qu’à l’application d’une doctrine militaire cohérente et partagée.

Une stratégie de sécurité digne de ce nom ne se limite pas à l’acquisition d’armements ou à des déclarations sur les réseaux sociaux. Elle exige :

  • Une collaboration stratégique véritable et pérenne entre les nations de la ligne de front sahélienne.
  • Un dispositif de protection permanent des axes routiers et des zones agricoles pour préserver l’économie rurale.
  • Un maillage du territoire et un partage du renseignement qui permettent d’anticiper les mouvements ennemis au lieu de se contenter de comptabiliser les pertes.

À la place, le vide stratégique actuel offre un terrain libre aux groupes armés, qui s’installent, imposent des taxes et s’érigent en administrateurs de vastes portions de la région.

L’impasse du tout-militaire sans vision d’ensemble

Un autre signe de cette carence de politique sécuritaire au Sahel est la croyance que la crise se résoudra uniquement par les armes. En négligeant le volet « sécurité humaine » — rétablissement des services publics, écoles, centres de santé et justice équitable dans les zones vulnérables — les autorités créent un vide que les recruteurs jihadistes exploitent.

Faute d’une perspective à long terme pour rétablir durablement la présence de l’État là où il a fait défaut, les opérations militaires, même victorieuses ponctuellement, ressemblent à des coups d’épée dans l’eau. Dès que les forces se retirent ou changent de secteur, les groupes terroristes reviennent, plus enracinés et plus influents au sein des communautés.

Un sursaut nécessaire ou l’effondrement annoncé

Le tableau dressé du Mali au lac Tchad sonne comme un avertissement grave pour l’avenir de la région. On ne combat pas une insurrection globale et organisée avec de l’improvisation et des ruptures d’alliances stratégiques. Tant que les dirigeants sahéliens refuseront d’élaborer une politique sécuritaire complète, fondée sur des données et véritablement coordonnée, les discours politiques se succéderont tandis que le terrain continuera de glisser inexorablement entre les mains des groupes armés.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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