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Réforme foncière au Gabon : plus de 20 000 titres sécurisés en six mois

Publié le 13 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le Gabon franchit une étape historique dans sa réforme foncière. En six mois à peine, l’administration a validé 20 857 décisions de cession de terrains, dont 4 046 enregistrées récemment. Ce chiffre, en constante progression, marque un tournant dans la gestion du cadastre national, longtemps pointé du doigt pour son inefficacité. L’objectif ? Résorber un passif foncier accumulé sur plusieurs décennies et offrir aux Gabonais une sécurité juridique indispensable au développement économique.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Une accélération sans précédent du cadastre gabonais

La cadence actuelle du ministère du Logement et de l’Urbanisme reflète une volonté politique forte de moderniser les procédures. Jamais le Gabon n’avait traité autant de dossiers en aussi peu de temps. Chaque décision de cession représente une avancée majeure : elle permet de transformer une occupation informelle en propriété légale, un préalable essentiel pour les investisseurs comme pour les ménages.

Le processus repose sur une collaboration étroite entre la Conservation de la Propriété Foncière et les services du cadastre. Les demandes sont instruites en amont, puis validées avant obtention du titre définitif. Cette méthode systématique, inédite par son volume, démontre une véritable industrialisation des procédures administratives, là où les gouvernements précédents peinaient à concrétiser des changements.

Sécurisation des biens et dynamisation de l’économie

La possession d’un titre foncier ouvre des opportunités majeures : accès au crédit bancaire, transmission successorale, valorisation des actifs immobiliers. À Libreville, Port-Gentil ou Franceville, des milliers de familles voient enfin leurs droits reconnus. Les acteurs économiques, notamment dans l’immobilier et l’agro-industrie, suivent de près cette évolution, car un cadastre fiable est un levier clé pour attirer les capitaux.

Les institutions financières internationales soulignaient depuis des années les obstacles liés au foncier au Gabon : opacité des registres, lenteur des procédures, litiges en cascade. En traitant plus de 20 000 dossiers en six mois, l’administration prouve que des solutions concrètes existent, sans nécessiter une refonte totale du système. La véritable épreuve ? Maintenir cette cadence une fois les dossiers simples épuisés.

Foncier et souveraineté économique : un enjeu national

Au-delà de l’aspect administratif, la réforme foncière touche à la souveraineté du pays. Dans un État riche en ressources naturelles, la clarification des droits de propriété conditionne l’aménagement du territoire, la planification urbaine et la fiscalité locale. Chaque titre délivré renforce les recettes des collectivités et oriente les politiques publiques vers plus d’équité sociale.

Depuis 2023, le Gabon a fait de la gouvernance foncière un pilier de sa transition politique. Les résultats visibles, chiffrés et réguliers, traduisent une logique de transparence et de redevabilité. Reste à savoir si l’administration pourra maintenir ce rythme sans compromettre la rigueur des contrôles, une fois le stock initial de dossiers traités.

Les prochaines étapes de la réforme

La prochaine phase consistera à évaluer la durabilité du dispositif. La Conservation foncière devra disposer des ressources humaines et techniques nécessaires pour absorber le flux sans sacrifier la qualité des instructions. L’enjeu ? Pérenniser cette dynamique et en faire un modèle pour d’autres secteurs de l’administration gabonaise.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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