Une campagne de sensibilisation visant à faire reconnaître le génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST) sera déployée en France dès le retour des parlementaires. Cette initiative a été dévoilée par le Collectif des élus français originaires du Congo-Kinshasa (CEFOCK) à l’issue d’un entretien avec le Président Félix Tshisekedi, le 4 août 2026, dans les locaux de la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa.
L’ambition affichée est claire : ancrer la question du GENOCOST au cœur des débats publics en France et à l’international. Pour y parvenir, le CEFOCK prévoit des actions de sensibilisation, des conférences et un plaidoyer ciblé auprès des collectivités locales, des institutions françaises et de la diaspora congolaise.
L’enjeu dépasse la simple commémoration. Il s’agit de transformer une cause portée par les ONG en une priorité politique. En mobilisant leurs réseaux en France, les élus congolais veulent faire du GENOCOST un sujet de politique publique, et non plus un dossier marginal.
Un partenariat clé avec la CIA-VAR pour renforcer l’impact
Pour donner une assise solide à cette démarche, le CEFOCK collaborera étroitement avec la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR). Cette structure congolaise a pour mission de documenter les crimes, soutenir les victimes et préserver leur mémoire.
Deux objectifs principaux guident cette alliance. D’une part, assurer que les victimes ne sombrent pas dans l’oubli. D’autre part, obtenir une reconnaissance officielle des crimes commis, ouvrant ainsi la voie à des mécanismes de justice et de réparation. Le Président Tshisekedi a salué cette démarche comme un renforcement de la « diplomatie mémorielle » défendue par son gouvernement.
La diaspora congolaise, acteur majeur de la reconnaissance
Cette annonce survient dans un contexte où la République démocratique du Congo (RDC) redouble d’efforts pour convaincre la communauté internationale de qualifier de « génocide » les exactions perpétrées depuis 1996. La diaspora congolaise, désormais représentée dans les instances locales et nationales françaises, joue un rôle central dans cette mobilisation.
Grâce au CEFOCK, elle passe d’un rôle de témoin à celui d’acteur politique. En ciblant les élus français, cette campagne pourrait accélérer une reconnaissance parlementaire du GENOCOST, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres génocides dans le passé.
Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie globale. Le 2 août 2026, à l’occasion de la Journée nationale dédiée au GENOCOST, le Président Tshisekedi a présidé une cérémonie en hommage aux victimes. Il a également annoncé le lancement des travaux de construction du Musée national du GENOCOST et d’un mémorial dédié, symboles d’une volonté d’institutionnaliser la mémoire des victimes.
Entre les avancées locales et l’offensive diplomatique menée en France, Kinshasa active tous les leviers pour faire reconnaître le génocide lié à l’exploitation des ressources naturelles en RDC.