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Rdc : pourquoi le déficit budgétaire s’agrandit en 2025 malgré l’augmentation des impôts

Publié le 3 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

En 2025, la République démocratique du Congo (RDC) se trouve dans une situation budgétaire paradoxale : les recettes fiscales augmentent, mais les dépenses de l’État progressent encore plus vite, creusant davantage le déficit. Ce déséquilibre, devenu une constante, force Kinshasa à faire des choix difficiles, entre relance économique, sécurité nationale et respect des engagements pris auprès de ses partenaires internationaux.

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Recettes publiques en hausse : une mobilisation fiscale en progression

Les administrations fiscales congolaises, à savoir la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), ont vu leurs résultats s’améliorer ces derniers mois. Cette amélioration s’explique par l’élargissement de l’assiette fiscale, la modernisation partielle des procédures administratives et une lutte renforcée contre l’évasion fiscale, particulièrement dans les régions minières du Katanga et du Kivu.

Le contexte mondial a également joué un rôle clé. La hausse des prix du cuivre et du cobalt, dont la RDC est un acteur majeur sur la scène internationale, a boosté les recettes issues du secteur extractif. Cependant, ces gains restent fragiles en raison des fluctuations des marchés et de la concurrence accrue des alternatives dans le domaine des batteries.

Dépenses publiques : sécurité et salaires au cœur de la tension

Côté dépenses, la situation est bien plus tendue. Les opérations militaires dans l’est du pays, où les Forces armées de la RDC (FARDC) affrontent les groupes armés et le mouvement M23 dans le Nord-Kivu, nécessitent des budgets colossaux. À cela s’ajoutent les coûts liés à l’état d’urgence, prolongé depuis 2021, qui ont fortement alourdi les dépenses sécuritaires au-delà des prévisions initiales.

La masse salariale représente un autre défi. Les augmentations de salaires accordées aux enseignants, aux magistrats et à certains fonctionnaires, ainsi que les embauches dans les secteurs de la défense et de la santé, pèsent lourdement sur le budget. Chaque accord social obtenu sous pression alimente une dynamique difficile à maîtriser pour les gestionnaires publics. Les dépenses d’urgence, liées aux inondations répétées et aux déplacements massifs de populations dans l’est du pays, aggravent encore cette situation.

Les subventions, notamment celles destinées au secteur des hydrocarbures pour stabiliser les prix à la pompe, ainsi que les investissements publics, souvent sacrifiés au profit des dépenses courantes, compliquent davantage l’équation budgétaire.

Un déficit qui menace la stabilité économique

Le fossé entre l’augmentation des recettes et l’explosion des dépenses se traduit par un recours accru au financement monétaire et à l’émission de titres publics sur le marché local. Cette pratique, déjà critiquée par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des revues du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit, fait monter les taux d’intérêt nationaux et fragilise la monnaie locale. La Banque centrale du Congo (BCC) a dû durcir sa politique monétaire pour limiter les pressions sur le franc congolais.

Un autre effet visible est l’accumulation d’arriérés de paiement envers les fournisseurs de l’État, ce qui met en péril la santé financière des petites et moyennes entreprises locales. Plusieurs acteurs du BTP et des services publics dénoncent des délais de paiement excessifs, sapant leur viabilité et nourrissant un climat de méfiance envers les marchés publics.

À court terme, le gouvernement devra démontrer sa capacité à maîtriser les exonérations fiscales, accélérer la généralisation de la facturation électronique et freiner la hausse des dépenses de personnel sans déclencher de tensions sociales. La crédibilité du cadre économique négocié avec les institutions financières internationales dépendra largement des décisions prises d’ici la fin de l’année.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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