Rdc : le cnsA et ses mesures pour un dialogue apaisé avec les prisonniers politiques
En République démocratique du Congo, le CNSA amorce une démarche d’apaisement politique
Le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) en République démocratique du Congo a lancé une initiative majeure : le recensement systématique des prisonniers politiques et d’opinion. Cette action s’inscrit dans une volonté de créer un climat propice au dialogue national attendu dans le pays. Selon les responsables, cette démarche concerne tous les individus détenus pour des motifs politiques, sans distinction d’affiliation ou de courant idéologique.
Le CNSA a pour objectif de dresser une liste exhaustive des détenus éligibles à des mesures de clémence, qui sera ensuite transmise au président Félix Tshisekedi. L’initiative vise à faciliter la tenue d’un dialogue inclusif entre les différentes forces politiques congolaises, en atténuant les tensions accumulées ces derniers mois.
Un principe d’égalité devant la loi pour tous les détenus politiques
Le CNSA a rappelé avec insistance que le droit n’a pas de couleur ni de parti. Cette initiative s’appuie sur des critères stricts pour évaluer les dossiers des détenus politiques, avec l’objectif d’identifier ceux qui pourraient bénéficier d’une amnistie ou d’une libération conditionnelle. Parmi les personnalités citées figurent des cadres du PPRD, comme Aubin Minaku, vice-président du parti, et Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent. Leurs noms pourraient figurer sur la liste transmise au chef de l’État.
Joseph Olenghankoy, président du CNSA, a souligné l’urgence de respecter les procédures judiciaires. « Quand une personne est arrêtée, elle doit être présentée devant un juge dans les 48 heures. Or, certains détenus purgent des peines de six mois sans même avoir vu un tribunal. C’est une entorse grave au droit. Notre mission est d’alerter les autorités sur ces irrégularités pour faciliter un dialogue apaisé entre les Congolais. »
Le PPRD salue une initiative en faveur de ses membres détenus
La famille politique du PPRD a réagi avec satisfaction à cette démarche du CNSA. Lucain Kasongo, cadre du parti, a déclaré : « Si cette initiative permet la libération de nos camarades comme Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga ou Parole Kamizelo, nous ne pouvons que l’approuver. Toute mesure favorisant leur libération est la bienvenue, quelle qu’en soit l’origine. »
Cette position du PPRD intervient alors qu’une organisation de défense des droits humains, Justicia ASBL, a récemment transmis au ministre de la Justice une liste de près d’une centaine de prisonniers politiques et d’opinion.
Les condamnations à mort, un obstacle à la réconciliation nationale
Parmi les cas les plus sensibles figurent des personnalités condamnées à mort, comme l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de la rébellion AFC/M23. Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, a insisté sur la nécessité de lever ces condamnations pour instaurer un climat de confiance. « Une mesure politique doit être prise pour annuler les condamnations de l’ancien président Kabila et de Corneille Nangaa. Ces décisions sont essentielles pour renforcer la confiance entre les acteurs politiques et permettre le succès d’un dialogue inclusif. »
Alors que les appels à un dialogue national se multiplient en République démocratique du Congo, l’initiative du CNSA pourrait marquer un tournant décisif. Reste à savoir si ces efforts aboutiront à des actes concrets pour apaiser les tensions et ouvrir la voie à des négociations constructives entre toutes les forces vives du pays.