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Rdc : la coalition C64 maintient son opposition à la révision constitutionnelle

Publié le 30 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

En République démocratique du Congo, la coalition d’opposition C64 ne relâche pas la pression face au projet de révision constitutionnelle porté par le camp présidentiel. À Kinshasa, ses dirigeants ont réitéré leur ultimatum au président Félix Tshisekedi, exigeant l’abandon pur et simple de toute tentative de modification de la loi fondamentale. Cette confrontation politique s’inscrit dans un contexte où le pays fait face à une situation sécuritaire déjà fragile, notamment dans les provinces de l’Est.

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Une opposition unie contre la révision de la Constitution

La plateforme C64, qui regroupe plusieurs figures emblématiques de l’opposition congolaise, s’est construite autour du rejet catégorique de la révision constitutionnelle avancée par Félix Tshisekedi. Ses porte-parole estiment qu’une telle réforme pourrait ouvrir la porte à une restructuration des institutions au profit exclusif du pouvoir en place. Le message adressé au chef de l’État reste sans ambiguïté : abandonner le projet ou affronter une mobilisation massive.

Pour la coalition, la Constitution de 2006, adoptée par référendum après la transition post-conflit, représente un pilier démocratique intouchable. Ses membres s’inquiètent particulièrement d’un possible assouplissement des règles encadrant la durée et le nombre de mandats présidentiels. Cette position est partagée par une partie de la société civile et plusieurs Églises, qui ont récemment exprimé leurs craintes quant à une réécriture du texte fondamental.

Les motivations politiques derrière le projet présidentiel

Réélu en décembre 2023 pour un second mandat, Félix Tshisekedi avait évoqué dès l’automne 2024 la nécessité d’une Constitution mieux adaptée, selon lui, aux réalités d’un pays-continent de plus de cent millions d’habitants. L’argumentaire officiel met en avant l’inadéquation supposée du texte actuel avec les défis de développement et de gouvernance. Pourtant, ses opposants y voient un prétexte pour contourner les limites des mandats et pérenniser le pouvoir de l’Union sacrée.

Le président a annoncé la création d’une commission chargée d’étudier la question, une étape perçue par ses détracteurs comme le prélude à un processus déjà décidé. Pour la C64, il ne s’agit pas d’un débat technique ou académique, mais d’une décision politique lourde de conséquences. Cette situation rappelle des précédents sur le continent, où des réformes constitutionnelles présentées comme modernisatrices ont conduit à des modifications des calendriers électoraux.

Un contexte national marqué par l’instabilité

Le débat sur la révision constitutionnelle survient dans un climat national déjà tendu. Dans l’Est du pays, les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu subissent depuis le début de l’année une offensive d’ampleur du groupe armé M23, soutenu par des forces extérieures, selon plusieurs rapports d’experts onusiens. La prise de Goma puis de Bukavu au premier trimestre a affaibli l’autorité de l’État et attisé les tensions internes. L’opposition estime que l’urgence doit porter sur la restauration de la souveraineté territoriale plutôt que sur une refonte institutionnelle.

Sur le plan économique, la RDC joue un rôle clé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de cobalt et de cuivre, ressources essentielles à la transition énergétique. Les investisseurs surveillent de près l’évolution de la situation politique à Kinshasa, conscients qu’une crise institutionnelle prolongée pourrait impacter la stabilité des grands contrats miniers. Les partenaires régionaux, notamment l’Angola et l’Afrique du Sud, suivent également avec attention les développements de cette crise.

L’efficacité de l’ultimatum lancé par la C64 reste à démontrer. Les appels à manifester lancés précédemment par l’opposition ont souvent donné lieu à des mobilisations limitées, souvent contenues par un dispositif policier strict. La coalition mise désormais sur un rapprochement avec la société civile et les communautés religieuses pour amplifier son influence sur l’agenda présidentiel. Son objectif reste inchangé : obtenir une renonciation explicite du chef de l’État au projet de réforme.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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