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Procès martinez zogo caméroun vidéo torture révélée à Yaoundé

Publié le 2 juin 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Le procès historique de l’assassinat de Martinez Zogo, l’animateur radio camerounais retrouvé sans vie en janvier 2023 après avoir subi de violentes agressions, a marqué un tournant ce 1er juin 2026 au tribunal militaire de Yaoundé. Une vidéo inédite, montrant l’homme ensanglanté et en proie à une détresse extrême, a été projetée devant le tribunal. Ce document, retrouvé dans les données d’un des accusés, a bouleversé l’assistance.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une vidéo macabre au cœur du procès

Lors de cette audience, c’est une scène insoutenable qui s’est déroulée sous les yeux des juges, des avocats et des proches de la victime. La vidéo, diffusée pour la première fois, révèle Martinez Zogo ligoté, le visage ensanglanté et une oreille entaillée, implorant désespérément de l’aide. Ces images, d’une violence inouïe, ont provoqué une émotion palpable dans la salle d’audience, où plusieurs personnes ont laissé couler des larmes.

Ludovic Zabze, avocat représentant la radio Amplitudes FM où travaillait la victime, a témoigné de l’impact de cette projection : « À la fin de la vidéo, j’ai détourné le regard. En observant les accusés, j’ai remarqué qu’ils étaient eux-mêmes bouleversés. L’intensité émotionnelle de ce moment est indescriptible. »

Les aveux implicites des accusés

Cette vidéo n’est pas un simple document : elle a été découverte dans le compte Google de Godje Oumarou, l’un des membres présumés du commando ayant participé à l’enlèvement et à l’assassinat de l’animateur. Les enquêteurs, dont le professeur Georges Bell Bitjocka, expert en informatique, ont analysé les données des téléphones des accusés, confirmant leur implication dans ce drame.

Parmi les téléphones examinés figuraient ceux de Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe de presse L’Anecdote, de Bruno Bidjang et de Martin Savom, cadre administratif et maire d’une commune de la région Centre du Cameroun.

Dans un échange daté du 17 janvier 2023, un accusé aurait reçu des instructions précises de Justin Danwe, ancien directeur des opérations à la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE), lui ordonnant de « prendre les images de la souris », un code identifiant Martinez Zogo.

Les réactions des avocats et les enjeux judiciaires

Maître Séri Zokou, avocat de Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la DGRE, a tenté de minimiser la portée des preuves : « Il n’existe aucun lien entre mon client et les faits reprochés. Concernant les données téléphoniques, elles ont été transmises à la commission mixte d’enquête puis au juge d’instruction, sans aucune trace impliquant mon client. »

À l’inverse, Maître Calvin Job, représentant les ayants droit de Martinez Zogo, a salué l’importance du rapport du professeur Bitjocka : « Si le tribunal s’appuie sur ce document, il aura déjà accompli 98 % de son travail. »

Les détails macabres de l’affaire

Le 22 janvier 2023, les Camerounais découvrent avec stupeur le corps sans vie de Martinez Zogo, alias Arsène Salomon Mbani Zogo. Agé de 51 ans, il laisse derrière lui une famille endeuillée. Chaque matin, dans son émission « Embouteillages », il dénonçait avec virulence les dysfonctionnements de la société camerounaise, à l’exception du président Paul Biya, qu’il épargnait dans ses critiques.

Enlevé le 17 janvier 2023 en soirée, il est retrouvé quelques jours plus tard, nu et torturé, sur un terrain situé à une vingtaine de kilomètres de Yaoundé.

Après une enquête minutieuse, le colonel-magistrat Pierrot Narcisse Nzie, troisième juge d’instruction militaire, a renvoyé 17 accusés devant les tribunaux. Parmi eux figurent Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la DGRE, Justin Danwe, ex-directeur des opérations à la DGRE, Jean-Pierre Amougou Belinga, directeur du groupe de presse L’Anecdote, et Stéphane Martin Savom, maire d’une commune de la région Centre.

Initialement marqué par des retards procéduraux, le procès pour assassinat, torture, enlèvement et séquestration s’est ouvert le 25 mars 2024 au tribunal militaire de Yaoundé. Les débats sur le fond ont débuté le 1er septembre 2025, et cette projection vidéo en est l’un des moments les plus marquants.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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