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Pourquoi le Sénégal doit privilégier le dialogue politique aujourd’hui

Publié le 21 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Pourquoi le Sénégal doit privilégier le dialogue politique aujourd’hui

Président Bassirou Diomaye Faye et Amadou Ba

Lors d’un entretien au Palais de la République, l’ancien Premier ministre Amadou Ba a partagé ses vues sur les défis majeurs auxquels le Sénégal est confronté. Reçu dans le cadre du Dialogue national initié par le président Bassirou Diomaye Faye, il a souligné l’importance cruciale d’un dialogue politique inclusif pour renforcer la stabilité du pays.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Un appel à l’unité nationale face aux défis politiques

Amadou Ba a salué l’initiative du chef de l’État, la qualifiant de « démarche essentielle » pour le pays. Il a insisté sur la nécessité de mener des concertations approfondies avec tous les acteurs politiques afin de trouver des solutions durables aux tensions actuelles. Selon lui, « le Sénégal a besoin de consensus », une position qu’il a défendue non pas comme un représentant de l’opposition, mais dans l’intérêt supérieur de la nation.

Il a notamment proposé de prolonger les discussions de dix à quinze jours supplémentaires pour permettre aux parties prenantes d’aborder sereinement les réformes électorales en cours. « Davantage de dialogue permettrait d’éviter des divisions inutiles », a-t-il déclaré, rappelant que la crédibilité des institutions dépend de la confiance que les citoyens leur accordent.

Réformes institutionnelles et enjeux économiques : les priorités selon l’ancien ministre des Finances

Les échanges avec le président de la République ont également porté sur les réformes institutionnelles prévues et les difficultés économiques qui pèsent sur le pays. Amadou Ba, qui a occupé le poste de ministre des Finances, a évoqué les défis sécuritaires et économiques qui menacent la cohésion nationale et la croissance.

Il a alerté sur les conséquences des dégradations successives des notations financières du Sénégal, qui alourdissent le coût de la dette et réduisent la marge de manœuvre de l’État. Ces dégradations, selon lui, reflètent un contexte international défavorable mais aussi des fragilités internes qu’il faut corriger.

Le FMI : un partenaire clé pour la relance économique

L’ancien ministre des Finances a rappelé qu’au cours de son mandat, le Sénégal avait passé douze années sans programme avec le Fonds monétaire international, une période durant laquelle le pays a pourtant maintenu sa crédibilité auprès des investisseurs. Aujourd’hui, face à une conjoncture plus complexe, il a souligné la nécessité de renégocier des accords pour sécuriser les financements indispensables aux projets sociaux et aux investissements publics.

Amadou Ba a partagé un constat sans appel : « Pendant six ans, je n’ai perçu aucun décaissement du FMI en tant que ministre des Finances ». Cette expérience, selon lui, prouve que le Sénégal peut se passer temporairement de ces programmes, mais que leur absence aujourd’hui aggraverait les tensions économiques actuelles.

Sécurité sous-régionale : l’importance d’une réponse coordonnée

Les discussions ont aussi abordé la situation sécuritaire dans un contexte marqué par des tensions persistantes en Afrique de l’Ouest. Amadou Ba a plaidé pour un soutien renforcé aux forces de défense et une stratégie régionale concertée pour faire face aux menaces transfrontalières.

Il a appelé à une approche unifiée entre les pays de la sous-région, insistant sur le fait que « la sécurité est indissociable du développement ». Selon lui, une coordination accrue entre les États permettrait de mieux anticiper les crises et de protéger les populations.

Une position politique claire, mais un appel à l’apaisement

Malgré son appartenance à l’opposition, Amadou Ba a tenu à réaffirmer sa volonté de contribuer à la paix sociale. Il a conclu ses propos en insistant sur la nécessité de dépasser les clivages partisans pour se concentrer sur les priorités nationales.

« Je reste dans l’opposition, mais certaines questions dépassent les divisions politiques. Il est impératif d’agir avec calme et détermination pour l’avenir du Sénégal », a-t-il affirmé.

Son message résonne comme un rappel : dans un monde en mutation, le dialogue et la collaboration restent les meilleurs outils pour surmonter les crises.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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