Un camp des déplacés à Goma

L’épidémie d’Ebola force une révision majeure du plan humanitaire 2026 en République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo fait face à une situation sanitaire et humanitaire sans précédent. Avec la 17ᵉ épidémie d’Ebola, déclarée en mai 2026 dans la province de l’Ituri, la crise s’aggrave dans un contexte déjà marqué par des conflits armés persistants, une insécurité alimentaire croissante et une recrudescence du choléra. Face à cette urgence, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA/RDC) a annoncé une révision majeure de son Plan de réponse humanitaire 2026.

Des besoins humanitaires revus à la hausse

Initialement, le plan prévoyait une assistance pour 15 millions de personnes en détresse, avec un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars américains. Cependant, en raison des contraintes financières et de l’urgence sanitaire, le nombre de personnes ciblées a été réduit à 10,8 millions, tout en augmentant le budget nécessaire à 2,13 milliards de dollars. Cette décision reflète la nécessité de concentrer les ressources sur les populations les plus vulnérables, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, épicentres de l’épidémie.

Un contexte humanitaire en détérioration rapide

L’OCHA/RDC souligne que l’épidémie d’Ebola, due à la souche Bundibugyo, agit comme un multiplicateur de vulnérabilités. Elle aggrave les besoins existants liés aux conflits, aux catastrophes naturelles et aux urgences sanitaires. Depuis le début de l’épidémie à Bunia, en Ituri, la transmission s’est étendue à plusieurs zones de santé, avec des foyers actifs à Rwampara et Mongwalu. Cette propagation rapide a nécessité une réévaluation des priorités stratégiques du plan humanitaire.

« L’épidémie d’Ebola représente un choc sanitaire majeur qui remet en cause les hypothèses initiales du Plan de réponse humanitaire 2026. Elle nécessite une adaptation urgente de notre stratégie pour répondre aux besoins croissants des populations affectées. »

Une réponse coordonnée mais sous-financée

Le Plan de réponse humanitaire 2026, lancé en janvier 2026, avait déjà atteint un taux de financement de 53,3 % en juin. Cependant, la réduction des financements internationaux, notamment la suspension de l’aide américaine, a fortement impacté la capacité de réponse. James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC, a appelé les partenaires internationaux à mobiliser les ressources restantes pour éviter une aggravation de la crise.

Des défis persistants pour l’Est de la RDC

L’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu restent les régions les plus touchées, avec une dégradation continue de la situation sécuritaire et humanitaire depuis fin 2025. L’insécurité alimentaire aiguë, confirmée par l’analyse IPC de mars 2026, a encore augmenté le nombre de personnes nécessitant une assistance. Parallèlement, la recrudescence du choléra ajoute une pression supplémentaire sur les systèmes de santé déjà fragilisés.

Face à ces défis, le Plan de réponse humanitaire 2026 vise à apporter une assistance à 87 millions de personnes dans le monde, avec un budget total de 23 milliards de dollars. Bien que les États-Unis aient qualifié leur contribution d’« historique », les besoins en RDC restent colossaux et nécessitent une mobilisation urgente de la communauté internationale.