Paul biya : l’absence prolongée du président camerounais sous le feu des critiques
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Paul Biya : l’absence prolongée du président camerounais sous le feu des critiques

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a organisé, il y a plus de six semaines, une réunion exceptionnelle de ses cadres dirigeants. Cette convocation intervient alors que le président Paul Biya, parti le 7 juin pour un voyage privé en Europe, n’a toujours pas regagné le Cameroun. Aucune annonce officielle n’a été faite concernant une date de retour, alimentant ainsi les spéculations et les interrogations sur la gestion du pouvoir en son absence.

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Jean Nkuete, secrétaire général du comité central du RDPC, a convoqué une réunion stratégique ce mercredi, sans préciser ni les thèmes abordés ni les raisons de cette mobilisation soudaine. Le communiqué publié à l’issue de cette séance reste muet sur l’état de santé du président, âgé de 93 ans, ou sur les raisons justifiant un séjour prolongé à l’étranger. Depuis son départ, aucun bulletin médical ni calendrier de retour n’a été rendu public, renforçant un climat d’incertitude au sein de la classe politique et de la population.

Face aux rumeurs persistantes, le parti présidentiel tente de rassurer. Dans un éditorial publié le 15 juillet dans L’Action, Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du RDPC, a martelé que « l’État fonctionne normalement » et que « la présidence n’est pas vacante ». Il a balayé les théories évoquant un pilotage automatique du pays, affirmant que « le Lion n’est pas parti », en référence au surnom du chef de l’État. Pourtant, aucune activité publique ou officielle de Paul Biya n’a été signalée depuis son arrivée en Europe, si ce n’est des messages diplomatiques adressés à des dirigeants étrangers, comme Emmanuel Macron pour la fête nationale française.

L’opposition exige des réponses institutionnelles

La situation a ravivé les tensions entre majorité et opposition. Plusieurs figures politiques, dont le député Jean-Michel Nintcheu, ont réclamé une intervention du Conseil constitutionnel pour statuer sur une éventuelle vacance du pouvoir. De son côté, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) adopte une position plus nuancée. Sans spéculer sur la santé ou les motivations de Paul Biya, le parti souligne que la continuité de l’État ne peut reposer sur des non-dits. Dans un communiqué daté du 18 juillet, il rappelle que l’absence prolongée hors des frontières ne constitue pas, en soi, une vacance de la présidence, tout en pointant du doigt l’absence de mécanismes clairs pour gérer une telle situation.

Un vide juridique à combler

La Constitution camerounaise ne précise aucune limite quant à la durée d’une absence du président hors du territoire national. Les experts soulignent l’urgence d’une clarification juridique, d’autant plus que le poste de vice-président, réintroduit lors de la révision constitutionnelle d’avril, reste vacant. L’UDC appelle à une réforme urgente pour encadrer les cas d’empêchement temporaire du chef de l’État, un scénario jusqu’ici non anticipé par les textes en vigueur. Cette absence prolongée, inédite depuis 1982, soulève des questions sur la préparation institutionnelle du Cameroun à une telle éventualité.