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Passeport AES : avancement inégal dans l’alliance du Sahel

Publié le 20 avril 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Passeport AES : où en est la mise en place dans l’Alliance des États du Sahel ?

L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, a lancé officiellement son passeport biométrique AES en 2025. Ce document vise à remplacer progressivement le passeport de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), mais son adoption varie selon les pays membres.

Écoutez cet articleEnviron 4 min
Un homme tenant une pancarte avec l'inscription AES au milieu d'une foule

Un passeport AES qui tarde à arriver au Niger

Si le passeport AES est déjà en circulation au Burkina Faso et au Mali, le Niger fait figure d’exception. Malgré le lancement officiel en 2025, les Nigériens reçoivent toujours des passeports Cédéao. Plusieurs témoignages confirment cette situation.

  • Un Nigérien de la diaspora a expliqué s’attendre à un passeport AES, mais a finalement obtenu un document Cédéao lors de son renouvellement.
  • Un autre citoyen, ayant demandé un passeport pour un voyage religieux, a également reçu un passeport Cédéao sans explication claire.

Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, a marqué le coup d’envoi des cartes d’identité biométriques AES en mars 2025, mais la production des passeports AES n’est pas encore effective. La société libyenne Alitisal Aljadeed a été chargée de cette production, mais le processus reste lent.

Passeport Cédéao du Niger

Les réseaux sociaux nigériens s’emparent régulièrement du sujet, reflétant les attentes et les frustrations des citoyens.

Burkina Faso et Mali : une adoption plus rapide du passeport AES

Contrairement au Niger, le Burkina Faso et le Mali distribuent déjà des passeports AES et des cartes d’identité biométriques aux demandeurs.

Au Burkina Faso, le processus semble bien rôdé, avec une délivrance effective des nouveaux documents. Au Mali, après quelques ajustements initiaux, notamment pour les Malien·ne·s de la diaspora, le passeport AES est désormais reconnu, même à l’étranger.

« L’année dernière, j’ai fait une demande de passeport auprès du consulat du Mali en France. Après quelques semaines, j’ai reçu un message pour le retrait de mon passeport AES, avec les symboles de l’AES clairement visibles sur la couverture. J’ai ensuite effectué un voyage aller-retour au Mali sans aucun problème. »

Un passeport de l'AES

Une transition progressive pour les détenteurs de passeports Cédéao

Les personnes déjà en possession d’un passeport Cédéao peuvent continuer à l’utiliser jusqu’à expiration. C’est le cas de Mohamed, qui a renouvelé son passeport en 2024. Il précise :

« Si je dois le renouveler, je ferai le nouveau passeport AES, car le passeport Cédéao n’est plus délivré au Mali. »

Le passeport AES est un document biométrique conforme aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Il intègre une puce électronique et une page en polycarbonate pour renforcer la sécurité et lutter contre les falsifications.

Ce projet s’inscrit dans la volonté des trois pays de l’AES de s’affranchir progressivement de la Cédéao, après leur retrait de l’organisation. Outre les passeports, une Carte nationale d’identité biométrique (CNIB-AES) est également en cours de déploiement, avec une production de masse prévue en 2026.

Le passeport AES symbolise ainsi la souveraineté retrouvée et une nouvelle étape pour les États membres de l’AES.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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