Ousmane Sonko, récemment écarté du poste de Premier ministre, a clairement indiqué que ses partisans accompagneraient le nouveau gouvernement dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Cependant, il insiste sur la nécessité d’un dialogue franc et ouvert pour écarter tout risque de crise institutionnelle. « Un pays se gouverne avec sérieux, un gouvernement se forme avec rigueur », a-t-il martelé après avoir été démis de ses fonctions fin mai, en raison de divergences majeures sur la gestion de la dette publique.
Le président Faye a justifié cette décision en évoquant des positions incompatibles avec sa vision politique. Pourtant, Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, met en garde contre les conséquences d’une gouvernance perçue comme fragile. « Aucun gouvernement ne peut être formé à la légère », a-t-il dénoncé, soulignant l’absence d’assise politique solide autour du chef de l’État.
Le Pastef, parti majoritaire avec 130 députés sur 165, dispose d’un poids politique écrasant. « En 72 heures, ce gouvernement peut tomber si nous le voulons », a prévenu Sonko. Pourtant, il privilégie une approche constructive : « Nous allons accompagner, mais pas censurer ». Son message est clair : éviter les conflits inutiles pour garantir la stabilité du Sénégal.
Face aux risques de tensions sociales, il en appelle à la maturité politique : « Mettons les intérêts du pays au-dessus de tout ». Il rappelle aussi les violences des années passées, où des manifestations avaient fait des victimes, majoritairement des jeunes. « Personne n’investira au Sénégal si la crise s’installe », a-t-il souligné, appelant à un dialogue intelligent et apaisé.
Enfin, Sonko a mis en garde contre les provocations visant ses partisans et appelé la jeunesse à la modération. « Mais il faut être deux pour faire la paix », a-t-il conclu, rappelant que la stabilité nationale dépend de chacun.
