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Niger : une loi anti-lgbtqia+ parmi les plus dures d’afrique de l’ouest

Publié le 13 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Un virage juridique inédit au Niger

Le Niger vient de s’engager dans une voie radicalement nouvelle avec l’adoption d’un Code pénal qui érige en infraction les relations entre personnes de même sexe ainsi que toute forme de militantisme en faveur des droits LGBTQIA+. Promulgué discrètement en février 2026 par les autorités militaires en place, ce texte marque un tournant dans l’histoire juridique du pays, où l’homosexualité était auparavant régie par un vide législatif.

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Des sanctions exceptionnelles pour une législation inédite

Le nouveau dispositif ne se contente pas de criminaliser les actes homosexuels : il étend considérablement le champ des infractions. Voici les principales mesures qu’il prévoit :

  • Peines de prison lourdes : Les personnes reconnues coupables d’« actes impudiques ou contre nature » ou impliquées dans des pratiques LGBTQIA+ encourent entre 5 et 10 ans de réclusion criminelle.
  • Circonstances aggravantes : Dans certains cas spécifiques, les peines peuvent être portées à 20 ans de prison ferme.
  • Amendes colossales : Les contrevenants s’exposent à des sanctions financières pouvant atteindre 500 millions de francs CFA, soit près de 750 000 euros, sans possibilité de sursis ni d’allègement.
  • Répression du militantisme : Organiser, financer ou participer à des activités liées à l’homosexualité expose à des peines identiques. Les témoins ou organisateurs de cérémonies de mariage entre personnes de même sexe sont également visés par ces dispositions.

Les justifications officielles : souveraineté et valeurs traditionnelles

Le régime du général Abdourahamane Tiani justifie cette réforme par un impératif de préservation des valeurs culturelles et de souveraineté nationale. Le ministre de la Justice, Alio Daouda, a défendu cette position en ces termes : « Nous avons adapté notre cadre juridique aux réalités sociales et culturelles de notre pays. »

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de rejet des influences extérieures, qualifiées d’« ingérences occidentales », jugées incompatibles avec les traditions nigériennes, majoritairement musulmanes et conservatrices. Ce durcissement s’ajoute à d’autres mesures récentes, comme le retrait de modules d’éducation sexuelle des programmes scolaires en 2024 ou l’interdiction d’applications promouvant la santé reproductive, perçues comme des menaces à l’ordre moral.

Une tendance régionale qui s’accentue

Le Niger n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à durcir sa législation à l’encontre des minorités sexuelles. Plusieurs États de la sous-région ont adopté des mesures similaires ces dernières années, souvent portées par des régimes en transition ou sous l’influence de groupes religieux :

  • Sénégal (mai 2026) : Le pays a renforcé son arsenal répressif en doublant les peines pour actes « contre nature », portant le maximum à 10 ans de prison.
  • Burkina Faso (2025) : Le pays a inscrit dans sa loi l’interdiction formelle de l’homosexualité, avec une peine maximale de 5 ans d’emprisonnement.
  • Ghana (2024-2026) : Après des débats houleux, le cadre légal ghanéen sanctionne désormais les pratiques homosexuelles et leur promotion de 3 à 5 ans de prison.

Les craintes des défenseurs des droits humains

L’entrée en vigueur de ce Code pénal suscite une vive inquiétude parmi les organisations de défense des droits humains, tant locales qu’internationales. Les associations alertent sur les risques accrus pour les minorités sexuelles, déjà fortement stigmatisées : dénonciations arbitraires, violences, extorsions et marginalisation sociale pourraient s’intensifier.

Les acteurs humanitaires, présents sur le terrain, expriment également leur préoccupation quant aux conséquences sanitaires de cette législation. Ils craignent que les populations LGBTQIA+ ne soient contraintes à une clandestinité totale, compliquant l’accès aux soins, notamment en matière de prévention du VIH. Avec plus de 30 pays africains criminalisant désormais les relations homosexuelles, le Niger s’aligne sur les législations les plus répressives du continent.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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