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Niger en tête des impayés bancaires dans l’uemoa : une crise à surveiller de près

Publié le 23 avril 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Une année 2026 sous le signe des créances douteuses pour l’UEMOA

Le dernier rapport de conjoncture économique révèle une réalité préoccupante pour l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Malgré des avancées symboliques dans le secteur bancaire régional, la situation financière globale reste fragilisée par une hausse alarmante des impayés. Parmi les pays membres, le Niger se distingue – et pas en bien – avec un taux de créances en souffrance qui pulvérise les records de la zone.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Le Niger, épicentre d’une crise bancaire régionale

Alors que l’UEMOA tente de renforcer sa résilience financière, le Niger incarne la dérive la plus critique. Les chiffres sont sans appel : malgré une légère amélioration, le pays conserve une position de leader négatif, illustrant une vulnérabilité structurelle persistante.

Un taux record et une exposition au risque hors norme

Avec un taux de dégradation des créances de 24,8 % en janvier 2026, le Niger truste la première place des pays les plus touchés. Près d’un quart des crédits accordés dans le pays sont désormais en situation de défaut, un niveau bien supérieur à la moyenne régionale.

Bien que ce chiffre marque un recul par rapport aux 25,9 % enregistrés en 2025, il confirme l’ampleur d’une crise alimentée par des tensions sécuritaires persistantes et une instabilité politique chronique.

Une fracture économique qui s’élargit entre le Sahel et le littoral

Les données de janvier 2026 révèlent une disparité grandissante au sein de l’UEMOA, opposant les économies côtières aux nations sahéliennes, où la crise bancaire sévit avec une intensité particulière.

Les pays sahéliens sous haute surveillance

  • Mali et Burkina Faso : Tous deux enregistrent un taux d’impayés de 12 %, avec une hausse marquée pour le Burkina Faso (+2,1 points en un an).
  • Guinée-Bissau : Avec 21,2 % de créances douteuses, le pays reste dans une zone critique, proche des niveaux nigériens.

Les économies côtières mieux armées, mais pas immunisées

  • Bénin : Considéré comme un modèle au sein de l’Union, il affiche le taux le plus bas avec seulement 4,3 % d’impayés.
  • Côte d’Ivoire et Sénégal : Ces deux pays maintiennent une stabilité relative, avec des taux respectifs de 6,2 % et 9,7 %.
  • Togo : Le pays fait figure d’exception avec une progression brutale de ses impayés, passant de 7,2 % à 11,9 % (+4,7 points).

Un encours de crédit record, mais une prudence généralisée

L’encours global des crédits accordés à l’économie a dépassé les 40 031 milliards de FCFA en janvier 2026, marquant une progression de 4,7 % sur un an. Pourtant, cette dynamique est tempérée par une réalité alarmante : les créances en souffrance s’élèvent désormais à 3 631 milliards de FCFA.

Le taux de couverture des pertes, tombé à 59 %, révèle l’incapacité des banques à suivre le rythme des défauts de paiement. Face à cette situation, les établissements financiers adoptent une approche plus restrictive.

Les banques resserrent l’étau

Pour limiter les risques, les banques durcissent leurs conditions d’octroi de crédit :

  • Exigence accrue en matière d’apports personnels.
  • Renforcement des garanties demandées aux emprunteurs.
  • Sélectivité accrue dans le financement des petites et moyennes entreprises (PME/PMI).

Cette stratégie, bien que compréhensible, risque de freiner la croissance économique locale en limitant l’accès au crédit pour les acteurs les plus vulnérables.

L’UEMOA à un tournant : entre vigilance et risque systémique

En ce début d’année 2026, le système bancaire de l’UEMOA se trouve à un carrefour décisif. Si la solidité globale de l’Union n’est pas encore remise en cause, la crise nigérienne et sa propagation au Sahel imposent une surveillance constante pour éviter une contagion plus large.

La vigilance des autorités et des acteurs financiers sera déterminante pour éviter une crise de liquidité régionale aux conséquences potentiellement dévastatrices.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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