Modernisation des marchés au Sénégal : sonko alerte sur leur état critique et dévoile un plan ambitieux

Lors du dernier Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a tiré la sonnette d’alarme sur l’état préoccupant des infrastructures commerciales au Sénégal. Une analyse approfondie des marchés du pays, majoritairement construits dans les années 1970, révèle des lacunes majeures en matière de sécurité, de modernité et d’efficacité.

Le chef du gouvernement a mis en lumière des chiffres alarmants : depuis 2013, pas moins de cinquante-trois incendies ont été recensés dans différents marchés du pays. Ces incidents récurrents soulignent la vulnérabilité d’un secteur où les normes de sécurité et les équipements sont dépassés. Ousmane Sonko a évoqué une dégradation globale touchant non seulement la gouvernance, mais aussi les aspects techniques, organisationnels, environnementaux et sanitaires des infrastructures marchandes.

Pour y remédier, il a détaillé les orientations du Programme de Modernisation et de Gestion des Marchés (PROMOGEM), dont le plan stratégique s’étend de 2025 à 2029. L’objectif principal ? Rénover les 528 marchés existants et en construire 67 nouveaux, entièrement modernisés. Une phase pilote a été lancée pour tester les solutions envisagées, tout en identifiant les défis à relever.

Un budget colossal de 57,5 milliards de francs CFA et une refonte institutionnelle

Pour concrétiser cette vision, Ousmane Sonko a plaidé en faveur d’une réforme structurelle visant à renforcer l’autonomie administrative et financière des gestionnaires de marchés. Cette mutation s’accompagnera d’un investissement public de 57,5 milliards de francs CFA sur quatre ans, intégré au Plan d’Investissement public (PIP) de l’État. Une révision du cadre juridique est également prévue pour fluidifier la gestion et attirer des financements innovants.

Le Premier ministre a confié une mission clé au ministre de l’Industrie et du Commerce, en collaboration avec ses homologues des Finances, du Budget, ainsi que de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires. Leur tâche : concevoir un réseau de marchés modernes à l’échelle nationale et garantir une gestion rigoureuse de ces espaces par les collectivités locales et le secteur privé.