Maroc : libération d’Ali Lmrabet, la liberté de la presse en question
Maroc : libération d’Ali Lmrabet, la liberté de la presse en question
Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a recouvré sa liberté ce mercredi 15 juillet, après avoir été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Tanger. Interpellé le 12 juillet, il a passé trois jours en garde à vue à Casablanca, dans le cadre d’une enquête pour « diffusion présumée de contenus numériques jugés diffamatoires envers des personnes et des institutions ».
Le procureur du Roi auprès du tribunal correctionnel de Casablanca a ordonné sa remise en liberté, tout en maintenant l’enquête en cours. Son matériel, composé de deux ordinateurs, d’un périphérique de stockage et d’un téléphone portable, lui a été restitué. Des expertises techniques sont désormais attendues pour poursuivre la procédure.
Un journaliste indépendant sous surveillance
Ali Lmrabet a dénoncé une arrestation arbitraire, affirmant qu’elle visait à museler son travail journalistique. « Je ne fais que du journalisme, conforme aux standards internationaux. Je n’ai jamais été condamné pour diffamation, ni en France, ni en Espagne, ni au Maroc », a-t-il déclaré. Son épouse, Laura Feliu, a souligné l’absence de fondement juridique de cette arrestation, estimant que les faits reprochés auraient été commis hors du territoire marocain.
RSF appelle à l’abandon des charges
Reporters sans frontières salue cette libération, mais reste en alerte quant à la suite de la procédure. « Cette décision est une avancée, mais l’enquête ouverte contre Ali Lmrabet doit être purement et simplement classée. Les charges retenues contre lui sont disproportionnées et menacent la liberté de la presse au Maroc », a réagi Oussama Bouagila, directeur du bureau Afrique du Nord de l’organisation.
Le Maroc occupe la 105e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 établi par RSF, ce qui reflète les pressions persistantes sur les journalistes critiques.
Une affaire symptomatique des défis de la presse
Cette affaire illustre les obstacles rencontrés par les journalistes indépendants au Maroc. Bien que libéré, Ali Lmrabet reste sous surveillance judiciaire, ses propos et ses écrits pouvant encore être scrutés. La communauté internationale observe de près l’évolution de ce dossier, symbole des tensions entre pouvoir et liberté d’expression.