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Mali, un nouveau champ de tensions entre le Maroc et l’Algérie

Publié le 20 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Actualités géopolitiques

Le Mali, nouveau théâtre des rivalités Maroc-Algérie

L’émergence récente des offensives du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) couplée à la faction Al-Faqi, dite FLA, met en lumière l’implication controversée de l’Algérie dans les affaires intérieures du Mali. Derrière l’image d’un médiateur impartial, Alger agit en réalité comme un protagoniste actif, entretenant une « instabilité maîtrisée » dans ce pays sahélien.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Les tensions entre Rabat et Alger, déjà vives sur de nombreux dossiers, trouvent désormais un nouveau terrain d’expression au Mali. Le régime algérien, bien que se présentant comme un acteur de stabilité, semble en réalité tirer profit du chaos malien pour affaiblir son voisin marocain, notamment en soutenant indirectement des groupes armés opérant dans la région.

Cette stratégie, qui vise à maintenir une pression constante sur Bamako et ses alliés, s’inscrit dans une logique de proxy war où l’Algérie instrumentalise les factions djihadistes pour déstabiliser le Mali et, par ricochet, fragiliser les positions marocaines. Les récents événements confirment cette lecture : chaque avancée des groupes armés est suivie de réactions diplomatiques houleuses entre les deux capitales maghrébines, révélant ainsi l’ampleur de leurs divergences stratégiques.

Une implication algérienne difficile à contester

Contrairement aux déclarations officielles algériennes prônant une solution pacifique, les faits sur le terrain démentent cette posture. Les rapports d’experts et d’analystes indépendants soulignent le rôle ambigu d’Alger, accusé de fermer les yeux sur les mouvements de groupes armés tout en bloquant les initiatives régionales visant à renforcer la sécurité au Sahel. Cette politique, qualifiée de « tension contrôlée », permet à l’Algérie de peser sur le cours des événements sans endosser les responsabilités d’un conflit qu’elle contribue pourtant à alimenter.

Les enjeux pour le Maroc

Pour le Maroc, cette situation représente un défi majeur. Rabat, qui a toujours mis en avant sa diplomatie d’influence en Afrique subsaharienne, se retrouve aujourd’hui confronté à une manœuvre algérienne visant à marginaliser ses efforts de médiation. Les autorités marocaines ont d’ailleurs multiplié les initiatives pour renforcer la coopération sécuritaire avec Bamako, mais ces démarches se heurtent à l’obstruction systématique de l’Algérie.

Dans ce contexte, le Mali devient un pivot géopolitique où s’affrontent non seulement des intérêts locaux, mais aussi des rivalités régionales aux répercussions continentales. La communauté internationale, souvent silencieuse sur ces dynamiques, commence à s’interroger sur les véritables motivations derrière cette guerre par procuration.

Perspectives : vers une escalade ou un rééquilibrage ?

L’évolution de la situation dépendra en grande partie de la capacité des acteurs régionaux à dépasser leurs rivalités pour privilégier une approche collective. Si le Maroc mise sur une diplomatie proactive, l’Algérie semble déterminée à maintenir sa stratégie de déstabilisation, quitte à prolonger l’instabilité au Mali. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer si ce pays sahélien parviendra à sortir de ce jeu d’influences destructeur, ou s’il restera prisonnier des ambitions géopolitiques de ses voisins.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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