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Mali : Bamako durcit la loi contre les binationaux menaçant la sécurité nationale

Publié le 20 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le gouvernement malien en place depuis la transition a franchi une étape décisive dans sa politique de fermeté. Lors d’une session exceptionnelle du Conseil des ministres, les responsables ont validé un projet d’ordonnance visant à modifier en profondeur le code de la nationalité. Désormais, tout Malien né avec une double nationalité risque de perdre sa nationalité malienne s’il est reconnu coupable d’avoir porté atteinte aux intérêts vitaux de l’État.

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Cette réforme marque un tournant majeur dans la législation malienne. Jusqu’ici, seul un étranger naturalisé pouvait être privé de sa nationalité. Désormais, les binationaux dès leur naissance sont directement concernés par cette mesure, renforçant ainsi le contrôle de Bamako sur ses citoyens.

Terrorisme, sécession et apologie : les infractions visées par la nouvelle loi

Les motifs d’application de cette déchéance sont stricts et précis. Les autorités pourront engager des poursuites contre toute personne accusée de complicité ou d’allégeance envers un État étranger hostile. Les mouvements sécessionnistes, ainsi que le financement, le soutien ou l’apologie de groupes armés terroristes, sont également ciblés par ce texte.

Pour garantir le respect des engagements internationaux, le décret stipule que la déchéance ne s’appliquera qu’aux individus possédant une autre nationalité. Cette clause évite la création d’apatrides, conformément aux conventions en vigueur.

Une mesure politique aux répercussions controversées

Sur le plan politique, cette réforme est interprétée comme une réponse ciblée aux opposants au régime actuel. Plusieurs figures de l’opposition, des journalistes et des militants critiques de la transition ont choisi l’exil tout en maintenant une influence sur le terrain. Certains résident en Europe ou dans des pays voisins, où ils continuent de diffuser des messages ou d’organiser des actions.

En adoptant ce texte, Bamako cherche à couper les liens administratifs et légaux avec ceux qu’il considère comme des ennemis de la reconstruction nationale. Une stratégie qui soulève des questions sur l’équilibre entre sécurité nationale et libertés individuelles.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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