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Macron à Nairobi, l’Africa CEO Forum à Kigali, réformes au Cameroun et au Sénégal… Les 5 infos qu’il ne fallait pas manquer

Publié le 16 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba
Emmanuel Macron, à l’Élysée, le 7 mai.

Publié le 16 mai 2026 Lecture : 5 minutes.

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Bonjour à toutes et tous,

Bienvenue dans cette nouvelle édition du Brief de Jeune Afrique, LA newsletter qui revient sur l’essentiel de l’actualité politique et économique du continent. Voici le menu de la semaine :

  1. On revient sur le sommet Africa Forward et sur les déclarations d’Emmanuel Macron
  2. « On ne doit plus attendre de se faire arnaquer » : à l’Africa CEO Forum, le secteur privé africain sommé de changer d’échelle
  3. Vice-président de Paul Biya : un silence qui dure et une liste de prétendants qui s’allonge
  4. Au Sénégal, pourquoi la réforme constitutionnelle profiterait surtout à Ousmane Sonko
  5. Ce qu’il faut savoir sur Philippe Lalliot, le nouvel ambassadeur de France au Maroc
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Bonne lecture :

1. Emmanuel Macron conclut plus de dix ans de politique africaine à Nairobi

Ce qu’il faut retenir. Emmanuel Macron a accordé à Jeune Afrique et à The Africa Report un grand entretien avant le sommet Africa Forward de Nairobi (11-12 mai). Le diagnostic est sans ambiguïté : l’aide publique au développement est morte en tant que paradigme. « Nous ne sommes plus dans une logique d’aide », tranche-t-il, préférant la notion d’« investissement solidaire ». Le message cible directement les marchés privés, bloqués par des notations de crédit défavorables et une perception du risque jugée excessive.

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Ce qu’il s’est passé. Le sommet, premier de la série franco-africaine organisé hors de l’Afrique de l’Ouest, a réuni une trentaine de chefs d’État à Nairobi, avec William Ruto en co-hôte. Macron y a annoncé 23 milliards d’euros d’intention d’investissement, dont 14 milliards côté français (public et privé confondus). Proparco, bras privé de l’AFD, a signé pour 500 millions d’euros, soit près de 50 % de son enveloppe annuelle africaine en une seule journée.

Bouleversement. Le président français a évacué en une phrase le dossier sahélien – « no offense » – mais le choix de Nairobi dit tout : après les ruptures avec le Mali, le Burkina et le Niger, Paris pivote vers l’Afrique de l’Est anglophone. Ruto y trouve son compte à un an d’une présidentielle kényane, Macron y cherche un relais crédible pour porter la réforme de l’architecture financière internationale au G7 de juin.

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Le chiffre. L’aide publique au développement des pays de l’OCDE a chuté de plus d’un tiers en deux ans. La France, elle, a amputé son enveloppe d’environ 2 milliards d’euros. C’est le vide que Macron entend combler par du capital privé. Un pari dont les résultats concrets restent à démontrer.

2. « On ne doit plus attendre de se faire arnaquer » : à l’Africa CEO Forum, le secteur privé africain sommé de changer d’échelle

Prise de parole du président rwandais, Paul Kagame, lors de la cérémonie d'ouverture de l'ACF 2026.
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Ce qu’il faut savoir. La 13e édition de l’Africa CEO Forum s’est ouverte jeudi, à Kigali, sous le thème « scale or fail » ‒ grandir ou périr. Devant 2 800 décideurs et huit chefs d’État, le message était univoque : les marchés nationaux africains sont trop étroits, les échanges intra-africains trop faibles, et le continent doit arrêter d’avancer en ordre dispersé.

Pourquoi c’est important. L’enjeu est structurel. Sans champions continentaux capables de peser à l’international, le continent restera un exportateur de potentiels ‒ minerais, talents, capitaux ‒ au lieu d’en capter la valeur. Le projet de la Zlecaf, huit ans après son lancement, reste incomplet : barrières réglementaires persistantes, coûts logistiques élevés, échanges intra-africains encore marginaux.

La citation. Paul Kagame, président du Rwanda : « D’un côté, ils viennent nous donner des leçons sur les droits humains et de l’autre ils viennent nous prendre nos minerais. On ne doit plus attendre de se faire arnaquer. »

3. Vice-président de Paul Biya : un silence qui dure et une liste de prétendants qui s’allonge

Le président camerounais, Paul Biya, et sa femme, Chantal Biya, à Yaoundé, le 18 avril 2026. © PATRICK MEINHARDT / AFP

Ce qu’il faut retenir. Le décret réinstituant la vice-présidence camerounaise est promulgué, mais le fauteuil reste vide. À Yaoundé, les spéculations font rage, raconte Yves Plumey Bobo : Paul Atanga Nji, Louis-Paul Motaze, Philémon Yang, Oswald Baboké… la liste des prétendants s’allonge à mesure que Paul Biya tarde à trancher.

Le blocage. Franck Biya, fils du président, devait être nommé dans la foulée du décret d’avril. Son premier acte officiel prévu : accueillir le pape Léon XIV. Le communiqué était prêt à être diffusé sur la CRTV. Il ne l’a jamais été. Selon nos sources, c’est Chantal Biya qui a bloqué in extremis, préférant pousser son propre fils, Franck Hertz. Derrière la valse des noms, c’est la succession du président qui se joue en coulisses.

4. Au Sénégal, pourquoi la réforme constitutionnelle profiterait surtout à Ousmane Sonko

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le 16 octobre 2025. © PATRICK MEINHARDT / AFP

Ce qu’il faut savoir : Un avant-projet de révision constitutionnelle, rendu public le 27 avril, redistribuerait les cartes au sommet de l’exécutif sénégalais en faveur d’Ousmane Sonko, analyse Mehdi Ba. Deux changements clés : le président devrait désormais déterminer la politique de la nation « en concertation » avec son Premier ministre, et ce dernier obtiendrait un droit propre de saisine de la future Cour constitutionnelle − indépendant de la volonté présidentielle. Cerise sur le gâteau : Faye serait interdit de diriger un parti ou de faire campagne, là où Sonko conserverait toute latitude pour rester à la tête de Pastef.

Pourquoi c’est important : Le risque est institutionnel. L’article 49 reste inchangé ‒ Faye peut toujours limoger Sonko du jour au lendemain. Mais si les tensions entre les deux hommes, déjà visibles depuis plusieurs mois, devaient aboutir à un tel scénario, le Sénégal se retrouverait face à une cohabitation inédite : un chef de parti majoritaire au Parlement, constitutionnellement renforcé, contraint à l’opposition depuis la primature.

5. Ce qu’il faut savoir sur Philippe Lalliot, le nouvel ambassadeur de France au Maroc

Philippe Lalliot lors d'un entretien dans la salle de crise du CDCS, au ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, quai d'Orsay à Paris, le 11 mars 2026.

Le choix de Macron. Philippe Lalliot, 60 ans, va succéder à Christophe Lecourtier comme ambassadeur de France au Maroc ‒ un choix tranché personnellement par Macron. Jassim Ahdani en trace le portrait : pur produit du Quai d’Orsay, actuel directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS), il arrive avec un profil de gestionnaire de crises plutôt que de figure politique, conformément à la nouvelle doctrine française vis-à-vis de Rabat.

Double enjeu. Lalliot hérite d’une relation bilatérale en plein réchauffement mais inachevée ‒ traité d’amitié toujours en négociation, visite d’État de Mohammed VI en France sans date officielle ‒ et d’un socle économique massif : la France représente près de 30 % du stock total d’investissements directs étrangers au Maroc. Paris veut accélérer ; Rabat avance point par point.

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