Loi des finances 2026 au Bénin : les changements majeurs votés par l’assemblée

loi des finances rectificative 2026 au Bénin : un budget révisé et des mesures sociales renforcées

L’Assemblée nationale du Bénin a validé à l’unanimité, lors d’une séance plénière tenue au Palais des gouverneurs de Porto-Novo, la loi des finances rectificative pour l’exercice 2026. Ce texte, adopté sans opposition, marque une révision à la hausse du budget initial, passant de 3 700 milliards à plus de 4 148 milliards de francs CFA, soit une progression de 8 %. Cette augmentation reflète les priorités du gouvernement pour répondre aux enjeux sociaux et économiques du pays.

Fleurissement du boulevard de la Marina à Cotonou

Ce collectif budgétaire s’inscrit dans la continuité des orientations économiques du président Patrice Talon et du ministre de l’Économie et des Finances Romuald Wadagni, en place depuis le début du mandat. Il vise à doter les ministères nouvellement restructurés des ressources nécessaires à leurs missions, tout en renforçant les investissements dans les secteurs clés comme l’éducation, la santé et l’agriculture.

un cadre macroéconomique ambitieux

Le texte maintient un taux de croissance économique à 7,5 %, une performance alignée sur les résultats des dix dernières années. Le déficit budgétaire global est fixé à 487 milliards de francs CFA, soit 3,1 % du PIB, un niveau jugé compatible avec les engagements du Bénin au sein de l’UEMOA. Les dépenses en capital atteignent 1 572 milliards de francs CFA, en hausse de 8,5 % par rapport à la loi initiale, tandis que les dépenses ordinaires des ministères s’élèvent à 1 777 milliards de francs CFA. Le plafond des emplois publics reste stable à 102 740 équivalents temps plein.

des mesures sociales prioritaires

Le budget rectificatif place les questions sociales au cœur de ses priorités. Parmi les mesures phares :

  • Gratuité des frais de scolarité pour les filles dans le secondaire général, afin de renforcer l’accès à l’éducation et réduire les inégalités de genre.
  • Extension des programmes d’électrification et d’adduction d’eau vers les centres de santé, pour améliorer les conditions de soins dans les zones rurales.
  • Prise en charge des urgences vitales sans prépaiement, une avancée majeure pour les populations les plus vulnérables.
  • Renforcement du filet social avec des mesures ciblées pour les enfants en situation de rue, en particulier dans les régions du Nord et les zones frontalières.
  • Soutien accru au secteur agricole via un budget de 90 milliards de francs CFA en subventions, pour stimuler la production et la sécurité alimentaire.

modernisation du dispositif fiscal

Le texte introduit plusieurs réformes fiscales structurelles pour renforcer la transparence et la conformité :

  • Taxation des bénéfices non distribués : les entreprises ne réinvestissant pas leurs bénéfices dans un délai de trois ans seront soumises à imposition. Un taux réduit de 7,5 % est appliqué pour les régularisations avant fin 2026, avant le retour au taux normal avec pénalités.
  • Extension de la retenue à la source aux plateformes numériques (hébergement, ventes en ligne, transferts d’argent), avec une obligation de déclaration pour les opérateurs.
  • Imposition des plus-values mobilières sur les cessions de titres d’entreprises béninoises, indépendamment de la résidence du cédant.
  • Simplification des procédures fiscales : réduction des délais de vérification de trois à deux mois pour les PME, et dématérialisation complète des avis de vérification et actes de procédure.

Un seul amendement a été adopté en commission, porté par le député Gérard Benoshi, pour renforcer la cohérence des dispositions sur la dématérialisation fiscale.

assainissement des comptes publics et adaptations institutionnelles

La loi procède à un nettoyage des comptes spéciaux du Trésor en supprimant trois fonds :

  • le Fonds de modernisation des régies financières
  • le Fonds de développement des arts et de la culture
  • le Fonds de développement du sport

Les soldes de ces fonds sont reversés au budget général. Par ailleurs, le compte « Prévention et gestion des catastrophes » est renommé « Prévention, gestion des catastrophes et vulnérabilité » et sera alimenté à hauteur de 56,2 % par les redevances de téléphonie mobile en 2026. Les critères de répartition des aides aux collectivités territoriales intègrent désormais les enjeux climatiques.

un conseil économique et social actif et un débat parlementaire consensuel

Le Conseil économique et social (CES) a rendu un avis favorable au texte tout en formulant 14 recommandations, dont :

  • élaborer un plan pour ramener le déficit sous les 3 % du PIB d’ici 2027-2029
  • publier des rapports semestriels sur la viabilité de la dette publique
  • mettre en place une traçabilité numérique géolocalisée pour les subventions agricoles
  • organiser des revues budgétaires semestrielles avec le CES et la Cour des comptes

Les débats en plénière ont été rapides, avec des interventions limitées à 15 minutes par groupe parlementaire. Le Bloc républicain et l’Union progressiste le renouveau ont salué la continuité de la politique économique, tout en appelant à une vigilance accrue dans l’exécution des dépenses et le suivi des mesures sociales.

La commission des finances a transmis quatre recommandations à l’exécutif :

  • assurer un suivi renforcé des enfants en situation de rue, avec une attention particulière pour les zones septentrionales et frontalières
  • clarifier et vulgariser le programme de prise en charge des urgences vitales
  • étendre les mesures sociales scolaires aux œuvres universitaires
  • garantir une répartition équilibrée des investissements sur l’ensemble du territoire

Cette loi des finances rectificative 2026 marque ainsi une étape clé dans la mise en œuvre des réformes économiques et sociales du Bénin, avec une vision à la fois ambitieuse et pragmatique.