L’effondrement de zamboï : un signal d’alarme pour l’or du Cameroun
Des orpailleurs creusent la terre sur le site minier de Bétaré-Oya, au Cameroun, le 4 avril 2018.

Le récent et tragique effondrement d’une mine à Zamboï, en République Centrafricaine, résonne bien au-delà de ses frontières, projetant une lumière crue sur les pratiques controversées du secteur de l’or au Cameroun voisin. Ce drame met en évidence les dangers inhérents à l’exploitation minière artisanale et les défis de régulation qui pèsent sur l’ensemble de la région, interpellant directement les autorités camerounaises sur la gestion de leur propre filière aurifère.

Zamboï, un rappel brutal des risques miniers

L’accident survenu dans les galeries de Zamboï, en Centrafrique, a coûté la vie à de nombreux orpailleurs, pris au piège par l’effondrement des sols. Cet événement, bien que localisé, symbolise les périls constants auxquels sont confrontés les travailleurs des mines artisanales. Manque de normes de sécurité, équipements rudimentaires, et absence de supervision adéquate caractérisent souvent ces sites, transformant la quête de l’or en une entreprise mortelle. La fragilité des infrastructures et l’urgence économique poussent des milliers d’individus à s’exposer quotidiennement à des risques extrêmes pour extraire le précieux minerai.

Les dérives du secteur aurifère au Cameroun sous la loupe

Le drame de Zamboï agit comme un miroir pour le Cameroun, où l’exploitation de l’or, notamment dans des régions comme Bétaré-Oya, est également entachée par des pratiques informelles et des manquements réglementaires. Le secteur de la mine d’or au Cameroun est confronté à plusieurs défis majeurs :

L’exploitation artisanale et ses conséquences

De vastes zones aurifères camerounaises sont le théâtre d’une exploitation artisanale souvent non déclarée. Cette activité, bien qu’elle offre des revenus à de nombreuses familles, échappe en grande partie au contrôle étatique. L’absence de cadre légal strict favorise des méthodes d’extraction destructrices pour l’environnement, telles que l’utilisation de mercure et de cyanure, polluant les cours d’eau et les sols. De plus, les conditions de travail y sont précaires, avec des risques élevés d’accidents et de maladies professionnelles, similaires à ceux observés à Zamboï.

Une traçabilité lacunaire et des pertes fiscales

La difficulté à tracer l’origine de l’or extrait au Cameroun alimente un circuit informel et illégal. Une part significative de la production échappe aux circuits officiels, privant l’État de précieuses recettes fiscales et favorisant la contrebande. Cette opacité rend difficile la mise en œuvre de politiques de développement durable et de protection des travailleurs. Le renforcement de la gouvernance du secteur aurifère est impératif pour garantir une exploitation responsable et bénéfique pour tous.

L’effondrement de Zamboï doit servir de catalyseur pour une réforme profonde et une surveillance accrue des sites d’extraction au Cameroun. Il est urgent d’établir des normes de sécurité rigoureuses, de formaliser l’activité des orpailleurs et d’assurer une meilleure traçabilité de l’or pour prévenir de futures catastrophes et assainir durablement le secteur de l’or au Cameroun.