Skip to content

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

  • Accueil
  • Guides
  • Études de cas
  • Analyses
  • Opinions
  • Chronique
  • Basculer la recherche

Le Cameroun, acteur majeur des financements de l’AFD en Afrique centrale

Publié le 6 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Le Cameroun se distingue comme un partenaire privilégié du groupe Agence française de développement (AFD) en Afrique centrale, accaparant près de 30 % de son portefeuille régional. Le rapport d’activité 2025 de l’institution française révèle un engagement financier substantiel de 949,6 millions d’euros, équivalant à environ 623 milliards de FCFA, répartis sur 51 projets en cours. Ce montant colossal positionne Yaoundé en tête des bénéficiaires, surpassant des capitales comme Kinshasa (741,4 millions d’euros), Libreville (646,3 millions d’euros), Brazzaville (484,9 millions d’euros), N’Djamena (308,7 millions d’euros) et Bangui (144,7 millions d’euros).

Écoutez cet articleEnviron 6 min

L’analyse détaillée des contributions montre que l’AFD elle-même est le principal moteur, avec 875,8 millions d’euros. Sa filiale dédiée au secteur privé, Proparco, y ajoute 61,8 millions d’euros, tandis qu’Expertise France contribue à hauteur de 12 millions d’euros. Le portefeuille global se compose de 47 projets gérés directement par l’AFD et de 4 initiatives sous l’égide d’Expertise France. En se concentrant uniquement sur les opérations directes de l’AFD, le Cameroun absorbe 30,7 % d’un total régional de 2,8 milliards d’euros au 31 décembre 2025.

Infrastructures et développement urbain : les piliers de l’engagement

La stratégie régionale de l’AFD privilégie sans équivoque les investissements dans les grandes infrastructures. Le développement de ces équipements est au cœur de son action en Afrique centrale, comme en témoignent des projets emblématiques tels que le barrage hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun et la modernisation du Transgabonais. Cette orientation stratégique s’est confirmée par les engagements pris en 2025 sur le territoire camerounais.

Dans ce cadre, les infrastructures et le développement urbain représentent la part la plus importante des financements, soit 44,2 %. Le soutien aux institutions financières privées arrive en seconde position avec 35,9 %, suivi de la gouvernance (6,8 %), de l’éducation, de la formation et de l’emploi (6,4 %), du secteur productif (2,9 %), de l’eau et de l’assainissement (2,2 %), et enfin de l’agriculture et de la sécurité alimentaire (1,7 %). Parmi les initiatives majeures, le Projet de lutte contre les inondations à Yaoundé et Douala vise à protéger les deux principales agglomérations du pays des aléas climatiques récurrents. Cette répartition sectorielle souligne l’ampleur du besoin en équipements du pays et la longue histoire de la coopération financière entre la France et le Cameroun. Elle incarne également une volonté affirmée de concentrer les ressources sur des domaines capables, à terme, de réduire les coûts logistiques et énergétiques pour les entreprises et les ménages.

Une architecture financière orientée vers l’endettement

La nature des instruments financiers mobilisés en 2025 mérite une analyse approfondie de la part des experts budgétaires. Les prêts souverains constituent le principal vecteur de financement, représentant 33,9 % du total. Viennent ensuite les prêts seniors (23,2 %), les Contrats de désendettement et de développement (C2D) avec 16,2 %, les garanties (12,6 %), les crédits délégués par l’Union européenne (7,1 %), les subventions (6,3 %) et les Fonds d’expertise technique et d’échanges d’expériences (FEXTE) à 0,6 %.

Il est clair que plus de la moitié de ces concours prennent la forme d’instruments remboursables. Cette réalité signifie que le statut de premier bénéficiaire régional s’accompagne d’un futur service de la dette, dont la viabilité dépendra directement de la rentabilité économique concrète des projets financés. Bien que les C2D, les garanties, les crédits européens et les subventions contribuent à alléger ce profil, ils n’altèrent pas sa nature majoritairement orientée vers la dette.

Dans le secteur privé, Proparco a notamment soutenu Prometal, un projet identifié comme un moteur d’industrialisation et de transformation locale. Par ailleurs, les programmes SeptentrionEst et SECAL, axés sur les zones rurales, visent à renforcer la résilience territoriale, l’entrepreneuriat et la sécurité alimentaire dans les régions septentrionales, particulièrement vulnérables aux chocs climatiques et sécuritaires.

Convertir le leadership financier en progrès économiques tangibles

La position prépondérante du Cameroun dans les registres du groupe AFD est un indicateur financier fort, mais ne constitue pas en soi un jugement économique définitif. Le rapport de l’institution présente certes des résultats agrégés pour les projets achevés entre 2020 et 2025 dans des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation ou l’assainissement, mais ces données sont à l’échelle régionale. Elles ne permettent pas de mesurer spécifiquement l’impact du portefeuille camerounais sur la productivité, la qualité des services urbains ou l’attraction de l’investissement privé.

Pour les autorités camerounaises, le véritable défi réside dans la mise en œuvre. La qualité de l’exécution des projets, la livraison effective des infrastructures, leur exploitation optimale et leur capacité à réduire les coûts économiques seront les facteurs déterminants du rendement final de ces 623 milliards de FCFA. Maintenir le statut de premier portefeuille régional est moins crucial que de prouver, par des résultats concrets et mesurables, que ces engagements transforment réellement l’appareil productif et améliorent les services essentiels pour la population.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

Flux de la rubrique :
A la UneDernières actus
A la Une

Navigation

Previous Post: Avocats marocains en résistance face au projet de loi devant le Parlement
Next Post: Togo. Cinq morts après des inondations provoquées par de fortes pluies

Archives

  • octobre 2026
  • septembre 2026
  • août 2026
  • juillet 2026
  • juin 2026
  • mai 2026
  • avril 2026
  • mars 2026
  • février 2026
  • janvier 2026
  • décembre 2025
  • novembre 2025
  • octobre 2025
  • septembre 2025
  • août 2025
  • juillet 2025
  • juin 2025
  • mai 2025
  • avril 2025
  • mars 2025
  • février 2025
  • janvier 2025
  • novembre 2024
  • octobre 2024
  • septembre 2024
  • août 2024
  • juillet 2024
  • juin 2024
  • mai 2024
  • mars 2024
  • février 2024
  • octobre 2023
  • août 2023
  • mai 2023
  • avril 2023
  • mars 2023
  • janvier 2023
  • octobre 2022
  • septembre 2022
  • mai 2022
  • mars 2022
  • août 2021
  • juin 2021
  • mai 2021
  • octobre 2020
  • septembre 2020
  • juin 2020
  • novembre 2019
  • juillet 2018
  • décembre 2014

Catégories

  • A la Une
  • Actualités
  • AES
  • Analyses
  • Chronique
  • Culture
  • Économie
  • Épinglé
  • Études de cas
  • Guides
  • International
  • Lifestyle
  • Actualités
  • Opinions
  • Politique
  • Sécurité & Défense
  • Société

Articles récents

  • Brésil 2026 : la victoire de lula sous le feu des contestations judiciaires de flávio bolsonaro
  • Tagadayat : 54 civils tués, et maintenant ? le nord du Mali face au réveil des consciences
  • Réactions autour du projet pilote de l’UEMOA sur les engrais phosphatés au Togo
  • Sénégal : loi de finances rectificative, l’exécutif sous les projecteurs face à la fronde des députés pastef
  • Bénin : l’impact économique des 53 nouveaux citoyens afro-descendants en débat

Commentaires récents

Aucun commentaire à afficher.

Copyright © 2026 Sahel Voice.

Propulsé par WordPress

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

À propos Contact Politique de confidentialité Mentions légales

© 2026 Sahel Voice — Tous droits réservés.

https://sahelvoice.com