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Le Burkina Faso met fin à ses relations diplomatiques avec la France

Publié le 27 juin 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Après une période prolongée de tensions, le régime militaire du Burkina Faso a officialisé ce vendredi la rupture de ses relations diplomatiques avec la France. Ouagadougou accuse Paris d’un « activisme incessant » qui irait à l’encontre de ses propres intérêts.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Les liens entre la capitale burkinabè et l’ancienne puissance coloniale se sont considérablement détériorés depuis le coup d’État de septembre 2022, qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.

Depuis lors, la junte militaire a adopté une ligne politique souverainiste, caractérisée par une forte opposition aux influences occidentales, particulièrement celle de la France, et une répression des voix dissidentes.

Ouagadougou dénonce un « activisme incessant »

« Le gouvernement du Burkina Faso informe l’opinion nationale et internationale de sa décision de rompre ses relations diplomatiques avec la République Française à compter de ce 26 juin 2026 », a été lu dans un communiqué diffusé vendredi à la télévision nationale.

La junte militaire justifie cette décision en fustigeant « un activisme incessant du régime français en place contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent (le) pays et le Sahel ». Ce contexte s’inscrit dans l’actualité Sahel francophone où les dynamiques politiques sont en mutation.

Le communiqué précise que cette rupture « concerne exclusivement le cadre institutionnel des relations diplomatiques entre les deux États », affirmant qu’elle « ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français ». Le gouvernement a également réitéré son engagement à assurer la protection des ressortissants.

Paris exprime son regret et sa fermeté

La réaction de Paris n’a pas tardé. Le ministère français des Affaires étrangères a exprimé son « regret » face à une décision qualifiée d’« hostile et sans fondement ». Il a ajouté que cette mesure « illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè », et que des « mesures de réciprocité qui s’imposent sont en cours d’examen ».

Selon les chiffres du Quai d’Orsay, plus de 2 000 Français sont enregistrés auprès des services consulaires au Burkina Faso, tandis que plus de 6 000 ressortissants burkinabè résident en France.

Cette annonce survient alors que ce pays sahélien, enclavé, est confronté depuis une décennie à des violences jihadistes dévastatrices, perpétrées par des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique.

Plus tôt cette semaine, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Burkina Faso, Philippe Bronchain, avait déjà été convoqué à Ouagadougou suite à l’adoption d’une résolution critique par le Parlement européen.

Une orientation politique autoritaire et de nouvelles alliances

Dès 2023, le Burkina Faso avait demandé le départ de l’ambassadeur de France, Luc Hallade, dénoncé les accords de défense et obtenu le retrait des forces spéciales de l’armée française engagées dans la lutte antiterroriste. Ces événements marquent une transformation significative de la Sahel politique.

Plusieurs médias étrangers ont également vu leurs activités suspendues, temporairement ou définitivement.

En réponse, la France avait suspendu son aide au développement, son appui budgétaire, ainsi que la délivrance de visas pour les étudiants burkinabè, maliens et nigériens.

Ces trois nations, actuellement dirigées par des juntes militaires, ont choisi de quitter la CEDEAO pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), se tournant vers de nouveaux partenaires militaires, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran. Ces développements sont au cœur des Mali Burkina Niger nouvelles et de l’évolution géopolitique régionale.

Sur le plan intérieur, la junte du capitaine Ibrahim Traoré maintient une ligne autoritaire. Journalistes, magistrats et membres de la société civile exprimant des critiques sont régulièrement victimes d’enlèvements ou de réquisitions forcées pour être envoyés au front.

Jeudi, une nouvelle mesure stricte a été dévoilée : tout étudiant burkinabè désirant poursuivre ses études à l’étranger devra désormais obtenir une autorisation préalable de son ministère de tutelle.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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